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Les quatres niveaux de la globalisation

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Voici trouvé sur le site internet du quotidien Les Echos un article très inspiré au sujet de la globalisation, écrit il ya dix ans par deux professeurs d’université d’origine indienne, Vijay Govindarajan et Anil K. Gupta, enseignant respectivement à l’Amos Tuck School of Business Administration du Dartmouth College et au College Park de l’université du Maryland. Il est étonnant de voir à quel point la vision décrite trouve un écho approprié une décennie plus tard. Le contenu est presque actuel. A l’époque, la Chine leur parassait le moteur de la future économie mondiale, dont le centre de gravité migrerait vers l’Asie. Prédiction avérée. planisphere
En 1998, les deux professeurs mettaient déjà en avant les changements considérables qui devraient se produire encore dans le visage de l’économie mondiale. La constante sera toutefois un accroissement de l’interdépendance.
Selon les deux auteurs, cette interdépendance mondiale détermine notre attitude ou notre façon d’envisage l’avenir quelle que soit notre position : ” Si vous êtes le patron de Nucor Steel (un sidérurgiste américain) et que vous devez décider de l’implantation d’une nouvelle usine d’un coût de 700 millions de dollars, vous étudierez aussi bien le Brésil que les Etats-Unis, écrivaient-ils. Si vous êtes le ministre des Finances de l’Inde, l’intégration de l’économie indienne au reste du monde vous apparaîtra comme une donnée fondamentale pour réaliser la transformation du pays et le hisser au rang de superpuissance économique. Si vous êtes un jeune cadre de Procter & Gamble, vous n’aurez pratiquement aucun espoir d’accéder à des postes de direction si vous n’alliez pas une solide expérience internationale à d’excellentes performances dans l’exercice de vos fonctions.”

A l’époque, les deux auteurs déduisaient quatre niveaux sur lesquels l’emprise de la globalisation ira en s’accroissant dans les années à venir.

1. L’échelle d’un pays

Malgré la mondialisation accrue, tous les pays ne présentent pas le même degré d’intégration à l’économie mondiale. L’interdépendance entre nations ira en s’accélérant dans les années à venir et les cartes économiques vont se modifier.

2. Au niveau d’une industrie spécifique

“Plus le degré de mondialisation d’une industrie donnée est élevé, plus une entreprise de ce secteur peut en tirer profit en exploitant au mieux les dimensions technologiques, ses capacités de production, la notoriété de ses marques et/ou son capital par-delà les frontières. Les secteurs d’activité globalisés sont souvent dominés sur tous les marchés par le même groupe de sociétés mondiales, qui coordonnent leurs stratégies à travers les pays. C’est ainsi, par exemple, que l’industrie de la chaussure de sport est dominée par Nike, Reebok et Adidas. Dans l’industrie pharmaceutique, les investissements transfrontaliers progressent aujourd’hui plus vite que les échanges”.

3. Au niveau d’une entreprise particulière

“Toyota offre un bon exemple de groupe fortement mondialisé. A la fin de 1995, un tiers de la production mondiale de Toyota était réalisé par des filiales entièrement ou partiellement contrôlées par le groupe, réparties dans vingt-cinq pays d’Amérique, d’Europe et d’Asie. Mieux encore, Toyota exportait 38 % de sa production japonaise vers les marchés étrangers, et le volume des flux intra-firme entre ses filiales était important. Au sein de son réseau régional d’Asie du Sud-Est, par exemple, Toyota exportait des moteurs Diesel de Thaïlande, des transmissions fabriquées aux Philippines, des directions produites en Malaisie et des moteurs fabriqués en Indonésie”.

4. Au niveau des indvidus dans l’entreprise
L’évolution et la stratégie de carrière ne peut plus s’envisager en se focalisation uniquement sur son marché d’origine et une expérience locale.
“Si vous pensiez avoir affronté une concurrence intense avec l’émergence de firmes d’envergure mondiale d’origine japonaise, coréenne ou taïwanaise, prenez garde, avertissaient alors les deux professeurs. Par comparaison avec ce qui vous attend en 2020, ce n’était peut-être qu’un simple échauffement”.

A l’heure où le groupe indien Tata vient de racheter le constructeur automobile Jaguar, on ne peut que leur donner raison a posteriori.