Un quartier général? Pour quoi faire?
11 juillet 2008
C.K. Prahalad est considéré comme l’un des plus grands intellectuels vivants dans le domaine du management. Hrishikesh Bhattacharyya fut vice-président du groupe Unilever, en charge du segment bien être. Tout deux ont étudié les modes d’organisation d’entreprise dans un environnement économique globalisé. Pour eux la notion de quartier général n’a aujourd’hui plus de sens. 
Le siège central véhicule la notion d’une culture et d’une approche dominante au sein de l’entreprise internationale. Or, les caractéristiques de l’ensemble des marchés locaux exige, pour s’assurer d’atteindre les objectifs commerciaux fixés, des philosophies de management différentes ainsi qu’une certaine marge de manoeuvre. Pour les deux auteurs, l’organisation sous forme d’étoiles multibranche, centralisée, ne convient plus à l’ère moderne. Ils suggèrent au contraire une forme d’organisation nodale, un regroupement de hubs régionaux intégrés dans une forme de réseau. Prahalad et Bhattacharyya expriment cette vision dans un article du magazine Strategy+Business.
“On recense plus de 4 milliards de futurs consommateurs potentiels dans les pays émergents d’Asie, d’Amérique latine, d’Afrique et d’Europe de l’Est aujourd’hui, expliquent-ils. Ils veulent des téléphones mobiles, de la poudre à lessiver, du dentifrice, mais aussi du ciment, de l’appareillage électrique, etc. Beaucoup d’entreprises abordent ces pays comme s’il s’agissait d’une extension exotique de leur marché existant, comme si les comportements de consommation étaient identiques à ceux de pays industrialisés. Ce n’est pas le cas. Mais de nombreuses entreprises ne sont pas organisées pour croître et évoluer dans un environnement global”.
Pourquoi ? Parce que leur centre de gravité et de décision demeure localisé en Europe ou en Amérique du Nord. Dès lors, les managers à la tête de ces grandes entreprises sont à plus de 88% (pour les multinationales) originaires d’occident. Ils pensent, réagissent sur base des stéréotypes peu appropriés à certines régions du monde.
Prahalad et Bhattacharyya suggèrent que l’entreprise quitte le schéma centralisé traditionnel au profit d’un réseau de hubs régions. Une vingtaine, par exemple, “correspondant à la dizaine de pays industrialisés et aux dix pays émergents les plus vastes, à partir desquels il est possible de déborder sur tous les marchés périphériques”.
Certes, de nombreux groupes ont mis sur pied des régiments de “country managers”, relèvent les deux experts. Ces derniers jouissent d’une autonomie plus ou moins large. Mais ils multiplient souvent les versions locales de produits ou services, produisant ainsi une immense bureaucratie interne (exemple, ce groupe d’alimention alimentaires qui commercialise 50 sortes de soupes aux tomates différentes en Europe).
L’alternative, donc, selon les deux auteurs: le réseau de hubs ouverts comme des portes d’entrées régionales. Ces hubs disposent de compétences très étendues pour les aspects de logistique, de gestion de la marque, de choix de date pour le lancement de produits… Ils rapportent directement au patron du groupe, plutôt qu’à plusieurs couches hiérarchiques intermédiaires…
L’avantage du modèle des hubs régionaux vient notamment de sa souplesse, relève les deux professeurs. Un hub chinois peut prendre la responsabilité de la fabrication d’une partie de la gamme pour l’ensemble de l’Asie, voire le Moyen-Orient,… A terme, tous ces hubs endosseraient des responsabilités en matière de recherche et développement. Mais leur mode de fonctionnement ne doit pas être à tout pris calqué sur celui de la maison mère. Dans le modèle idéal, le comité de direction faîtier est composé notamment des dirigeants de tous les hubs. Les meilleurs talents gagnent ainsi, également, en proximité avec la tête du groupe, quelle que soit la division dans laquelle ils se situent.
Dans ce modèle global, le quartier général ne fixe plus les priorités. Il les coordonne.
Penser localement pour devenir global ? (Eurada)
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Le futur au bas de la pyramide
18 juin 2008
C.K. Prahalad est aujourd’hui considéré comme le penseur le plus influent dans le domaine du management. Voici quelques années, son livre Fortune at the bottom of the Pyramid livrait une nouvelle vision du développement économique, optimiste et étayée, pour le Sud. En résumé, il y considérait que les plus de 4 milliards de pauvres de la planète peuvent être demain vus comme des moteurs d’innovation et de croissance économique. Pour développer ces opportunités, suggérait-il, les grandes entreprises devaient améliorer leur ouverture et leur capacité à collaborer avec les ONG et les gouvernements locaux. Prahalad parle de co-création. 
Dans son nouveau livre, le gourou approfondit l’idée et l’étend à l’innovation. Il est question de transformer l’ensemble des processus, la chaîne d’approvisionnement, de mettre en place des architectures sociales et technologiques tournées vers la co-création.
Dans le modèle Prahalad d’entreprise, on abat les cloisons entre départements et l’on implique toutes les strates de l’organisation dans les logiques d’innovation. Les consommateurs sont invités à participer à la mise au point et à l’adaption des produits ou services. L’entreprise est en permanence à l’écoute de leurs expériences, de leurs remarques. Les ressources sont réparties partout sur la planète, indépendamment des décalages horaires ou des cultures, sur la base de réseaux globaux.Les entreprises adoptent de nouveaux modes d’organisation plus horizontaux, où chacun est invité à participer au processus, pour répondre aux besoins des consommateurs du XXIème siècle.
Voila un univers économique qui pourrait réconcilier pas mal de monde. Attention, ceci est le futur.
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Bangalore est-elle prête pour être une capitale IT ?
8 mai 2008
Telle est la question que se pose Time Magazine cette semaine à travers le témoignage de plusieurs représentants de cette nouvelle génération de consommateurs Indiens. 
Le développement économique de la ville, qui accueille aujourd’hui les plus grands centres de recherche (IBM, General Electric, Microsoft…) a été si rapide… L’urbanisme n’a pas eu le temps de s’adapter. Les infrastructures non plus. Conséquence: un trafic totalement saturé et d’interminables heures perdues dans les bouchons. Les capacités énergétiques et aéroportuaires, malgré de gros investissements en cours, restent limitées.
Mais c’est surtout dans les mentalités et la vie quotidienne que l’essor (trop) rapide de la région est source de décalage. Parfois de déstabilisation. Les modes de vie s’occidentalisent, chariant avec eux les maux de notre époque. Les médecins rapportent une hausse significative du nombre de maladies liées au stress. Les jeunes se plaignent du manque de place laissé par leur travail à leur vie privée. Les ménages s’endettent grâce à l’accès neuf aux cartes de crédit. Faute d’expérience et de préparation. certains s’emballent. L’aubaine se transforme pour eux en drame financier. Sans compter l’entrée en collision avec les traditions, en particulier celle des mariages arrangés entre familles. A lire dans Time Magazine.





