Entretien avec Google Benelux: on y parle de pub, des partenariats locaux et de l’avenir du mobile

5 mai 2010

Google est fait de chair et de sang. En Europe, le moteur de recherche a créé des équipes dans un certain nombre de pays. La firme y loue même des bureaux physiques.

A Bruxelles, nous avons rencontré Julien Blanchez, le directeur marketing de Google pour la Belgique et les Pays-Bas.

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La firme de Mountain View occupe une douzaine de personnes dans le quartier européen, à un jet de pierre du Juste Lipse, le bâtiment du Conseil des ministres européens, et du Caprice des Dieux, où siège le Parlement européen.

Le staff belge partage ces locaux avec leurs collègues actifs au niveau des relations avec les institutions européennes. Console de jeu, couleurs chamarrées, baby foot,… : rien ne manque dans l’iconographie classique de l’entreprise web californienne.

Quelques semaines plus tôt, Larry Page, l’un des deux célèbres fondateurs de Google, était assis à l’endroit où nous nous tenons. « Nous avons discuté de choses et d’autres en mangeant une pizza », confie Julien Blanchez.

Google, la plus grande agence pub du monde… sauf en Belgique…

L’une des tâches du directeur marketing de Google est de convaincre les PME locales de recourir aux adwords, ces mots-clés sponsorisés qui ont fait la fortune du groupe.

Grâce aux adwords, que l’on trouve sur la colonne de gauche du site, Google est passé du rang de start-up à celui de multinationales. En une décennie à peine, le chiffre d’affaires annuel de l’entreprise a dépassé les 20 milliards de dollars, pour plus de 20.000 personnes employées dans le monde.

Si les entreprises de nombreux pays achètent des adwords en masse, pour positionner leurs produits ou services sur le Net, il n’en est visiblement pas de même en Belgique.

Alors que, en France, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, 80% des adwords sur Google sont achetés par des entreprises locales, en Belgique, les entreprises belges ne représentent que 40%. Autrement dit, les entreprises qui, en Belgique, achètent de la présence à côté des réquisitions sur Google, à 60%, sont des entreprises étrangères, explique Julien Blanchez.

Sachant que la plupart des internautes belges opèrent leur recherche en ligne en passant pas Google, cette situation signifie probablement un réel manque à gagner pour l’économie nationale, estime-t-on.

Google, une entreprise du coin ?

Google en Wallonie, c’est aussi cet énorme centre de données installé à proximité de Mons… mais dont on ne peut dire finalement que peu de choses. La discrétion est d’or, chez Google, en ce qui concerne cet infrastructure hautement stratégique.

Pour autant, le moteur de recherche développe aujourd’hui une politique d’ancrage local dans les pays où il est actif. La firme de Moutain View a ainsi lancé un récent partenariat avec la STIB, la société des transports publics bruxellois, pour l’utilisation de Google Transit. Les affiches sont d’ailleurs visibles dans les stations de métro de la Capitale.

« Nous espérons multiplier ce type de partenariat local dans l’avenir », affirme Julien Blanchez.

Google Earth, Android, Apps, Energy… Des dizaines d’innovations

« Google veut organiser l’information du monde ». Tel est toujours le leitmotiv du groupe californien.

A côté de son moteur de recherche, Google a déployé une multitudes de nouveaux services, gratuits pour la plupart, en phase avec cet objectif.

Ces innovations s’appellent Google Maps, Google Earth, Ocean, Street View, etc….

« Il y a la volonté d’identifier toutes les zones d’activités où existe une inefficience », explique Julien Blanchez.

Vu la montée en puissance de l’internet mobile, Google se  doit aussi, aujourd’hui, de se positionner sur cet univers. Tel est le pari du système opérationnel Androïd, développé par Google, pour les smartphones.

Montée en force du web mobile, Google veut en être avec Android…

« Aujourd’hui, il y a plus de téléphones portables en circulation dans le monde que de montres ».

Grâce à Androïd, Google entend conserver son rôle de leader sur le Web.

Le grand adversaire, cette fois-ci, se nomme Apple, avec ses vedettes, l’iPhone et l’iPad.

« Pour l’instant, toutefois, la priorité est de faire avancer le marché du data et des services en ligne, argue Julien Blanchez. Nous avons intérêt, tous, à ce que cet univers du data mobile se développe. Là concurrence pourra toujours s’exprimer ensuite ».

Entretien réalisé en collaboration avec l’AWT, dans le cadre de la séquence ADN IT

Bonus

Ci joint, l’interview de Sergey Brin réalisée par Entreprise Globale à San Francisco, en mai 2009

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« Une PME économise des milliers d’euros en utilisant des Google Apps plutôt que les logiciels bureautiques classiques »

20 avril 2010

Facebook passe devant Google : le web est aujourd’hui clairement social

24 mars 2010

Cela n’a rien d’une anecdote:

Aux Etats-Unis, Facebook vient officiellement, pour la première fois, de passer devant le moteur de recherche Google, en nombre de visites sur une semaine.

(source : http://www.sneijers.net)

Il ne s’agit en pas d’un accident. Comme l’indique la courbe ci-dessus, la tendance semble lourde. Facebook, le plus grand réseau social du monde, avec plus 400 millions d’utilisateurs à ce jour, semble en mesure d’ôter à moyen terme la couronne de site web le plus utilisé du monde du chef du moteur de recherche américain.

Internet est dorénavant social, et Facebook bat la mesure

En fait, le basculement s’est déjà produit. Internet est aujourd’hui est aujourd’hui devenu majoritairement social.

Certes, si Facebook continue de grandir rapidement en termes de nombre d’utilisateurs, le réseau social reste un poucet en regard de Google sur le plans des revenus. Le chiffre d’affaire de Facebook pourrait atteindre 1 à 2 milliards de dollars en 2010,… douze fois moins que le moteur de recherche.

Facebook n’en marche pas moins que son aîné. Le service publicitaire Facebook, notamment, de part sa précision, semble promis à un très bel avenir.

Par ailleurs, désormais, de plus en plus de conversations, d’echanges de contenus et de créations d’information prennent place directement sur Facebook. Des entreprises sautent à présent l’étape de la mise en ligne d’un blog, voire même d’un site internet, pour se concentrer leur présence digitale seulement sur leur page Facebook ou leur compte Twitter.

Google Social Search : la course après le web social

Google n’a pas encore perdu la partie. Loin de là. Malgré quelques revers, dont le retour de flamme actuel en Chine, la firme de Moutain View demeure très lourdement armée.

Néanmoins, plusieurs initiatives récentes de Google laissent transparaître une posture défensive.

L’entreprise a dû conclure un accord financier avec Twitter pour pouvoir indexer ses contenus. Google subit d’autre part la critique des internautes en raison du manque d’instantanéité de ses résultats de recherche. L’indexation des contenus web demande encore plusieurs jours, parfois.

Il y a peu, Google a annoncé plusieurs action montrant son évolution vers un outil de recherche intégrant davantage de fonctionnalités sociales. Pas toujours avec grand succès, jusqu’ici.

Le réseau social Orkut, qui a déjà quelques années, ne parvient toujours pas à percer au-delà d’un nombre restreint de pays.

Beaucoup plus récemment, Google Buzz n’a pas rencontré son public, c’est peu de le dire.

Google touche à son core business

Avec Google Social Search, la firme de Mountain View touche maintenant à son coeur de métier.

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Le service, toujours en version beta, illustre le fait que le web social a dorénavant pris le succession du web original, à partir duquel Google a pris son essor.

Google Social Search se base sur le graphe social auquel Google a accès, via ses différents services périphériques comme Gmail, Google Docs, etc.

De la sorte, cependant, Google reconnaît implicitement que les recommandations de nos amis, pairs et connaissances est devenu plus pertinent que l’algorithme de son moteur de recherche.

Or, de ce point de vue, pour analyser le graphe social des individus, il n’est pas certain que Google soit dans une meilleure position que Facebook…

Comment apparaître en tête des résultats de Google

12 mars 2010

Comment Google utilise nos données : explications par Alma Whitten

2 février 2010

Beaucoup de monde se demande ce que le moteur de recherche Google fait avec les données qu’il collecte sur nous. Alma Whitten, l’une des responsables Privacy de Google apporte une partie d’explication dans la vidéo ci-jointe.

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« Vous savez, nous ne savons pas tant de chose que cela sur les utilisateurs », affirme pour sa part Peter Barron, responsable de la communication de Google en Europe

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Google Wave va-t-il doper l’innovation ouverte ?

2 octobre 2009

J’ai eu la chance d’assister, en mai dernier à San Francisco, au lancement officiel de Google Wave. Après quelques mois de test, le groupe de Mountain View s’apprête à ouvrir le service à 100.000 chanceux.

D’aucuns ont prédit que Google Wave allait ouvrir une nouvelle ère dans la communication en ligne. D’autres affirment que le champ ouvert par la « vague » dépasse largement le seul aspect de la communication. Google Wave pourrait rendre l’exercice de la collaboration en entreprise totalement naturel. Au point de remettre en question l’utilité de nouvelles plates-formes collaborative et autres intranets participatifs dont l’offre commence à pulluler ? Qui sait…

Pour ceux à qui Google Wave n’évoque (encore) rien, voici une petite démonstration pédagogique façon Plain English :

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Google Wave pour doper l’innovation ouverte

En matière d’innovation, ou plus exactement en termes d‘innovation ouverte (open innovation), l’impact de Google Wave pourrait s’avérer majeur, s’avance en tout cas le blog openinnovation.

« Le concept de l’email a près de 50 ans. Il est temps de passer à autre chose. Non seulement, Google Wave combine l’email, le chat et les mises à jour collaboratives instantanées en un seul outil. Mais en plus, Google Wave est aussi un protocole ouvert, que chacun peut installer sur son propre serveur interne… [Il deviendra enfantin d'adapter sa plate-forme pour ses besoins corporate propres] Comme tout le monde développera ses propres applications, il est probable que Google Wave ouvre de nouvelles voies à l’innovation ouverte… »

Si certaines percées sont le résultat des explorations d’individus isolés, la majorité des innovations sont le fruit d’actions de groupe, rappelle le blog Openinnovation. La communication est la dimension la plus importante dans le processus d’innovation distribuée entre de multiples participants.

Dans ce contexte, réunir en un point tout ce que la technologie offre comme outils de communication ne sera pas sans apporter un effet positif aux dynamique d’échange et donc de création. Document, messagerie, conversation… Tout et tous sont intégrés, puisque, avec Google Wave, les absents du début bénéficient d’une transparence complète sur l’amont du processus… Personne ne devrait rester à l’écart. Les ruptures dans les chaînes d’emails, les oublis dans les listes de destinataires,… Fini.

« La communication en ligne deviendra, de la sorte, plus efficace et moins chronophage »

Google Wave, tout tourne autour de la communication

Thierry Hubert confie lui, sur son blog, qu’il n’avait plus été surpris positivement par une initiative de cette ampleur en matière d’outil de communication depuis 20 ans.

Google Wave truly rethinks communication streams and collaboration as it should be with today’s connected world.  Google did not reinvent the wheel, they just proved that it a sphere.

En bonus, ci-dessous, l’interview de Lars Rasmussen, co-créateur de Google Wave, rencontré par Entreprise Globale à San Francisco, lors de l’annonce du lancement du service. Il en explique la genèse.

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Lire aussi sur l’impact possible de Google Wave en matière d’innovation:

http://www.tecoman.info/article-32032519.html

http://www.inprincipo.com/fr/google-wave-une-innovation-tsunami

« Google, la troisième partie de notre cerveau »

17 août 2009

Le CEO de Google, Eric Schmidt fait la couverture de la dernière livraison du -toujours visionnaire- magazine Wired dans sa livraison du 9 août. Wired suit depuis mars 1993 l’évolution de l’internet au travers de la culture, de l’économie et de la technologie. Sous le titre : « The Unstoppable Google », l’article de Wired permet à Eric Schmidt de balancer sa vision du rôle de Google, n°1 mondial, mais qui doit continuer à évoluer et innover, doit surveiller ses challengers et faire face au succès de Facebook ou Twitter, et remplir mission et stratégie. Voyons seulement la dernière offensive de Microsoft, avec son moteur de recherche Bing, ou les assauts d’Apple, dont la capitalisation boursière vient de repasser devant celle de Google.

Pas de plan à cinq ans

Mais quelle stratégie pour Google en fin de compte? « Nous n’avons pas un Grand Plan. Nous n’avons pas de plan à cinq ans, pas de plan à 2 ans ni même à un an. Nous avons une mission et une stratégie, et la mission, vous la connaissez, l’information du monde. Notre stratégie, c’est donc d’innover pour y arriver. Cela n’a pas d’importance si quelque chose que Google réalise ne marche pas : nous savons que quelque chose marchera à coup sûr ».

Quelle prochaine étape pour Google ? « La première question (à se poser) c’est : pensez-vous que la recherche sur Internet est un problème résolu ? Nous ne le pensons pas. Nous sommes d’avis qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour améliorer la recherche. Ca ne vous plairait pas d’être capable de demander à Google « Qu’est ce que je devrais faire demain ? » ou « où sont mes clefs de voiture ? Nous commençons juste à répondre à des questions vraiment difficiles ».

Cerveau gauche, cerveau droit et intelligence collective

Facebook et Twitter, avec leurs dizaines de millions d’utilisateurs, un danger, principalement pour la pub, le moteur de cette nouvelle économie ?

Pas vraiment répond Eric Schmidt : « C’est poser la question de la mauvaise façon. Ce n’est pas comme ça que la pub fonctionne aujourd’hui. (…) A nouveau, il ne faut plus raisonner en terme d’ancienne économie : Internet, c’est un modèle d’omniprésence pas de rareté (Ubiquity Vs Scarcity). J’aime cette émergence – le buzzword marketing c’est l‘intelligence collective’, l’émergence de la somme de Facebook ; Twitter, Google, la sphère ‘blog’, tout ce qui est réellement le début d’une compréhension très profonde de la façon dont fonctionne le monde. (…) Il y a  un cerveau droit, un cerveau gauche et une troisième partie où se trouve cette intelligence collective que Google peut vous aider à trouver ce dont vous avez réellement besoin tous les jours »

Merci à Dominique Gany pour ce billet

Hal Varian (chef économiste Google): « L’heure est venue des micromultinationales »

19 juin 2009

Une entreprise comme Google a-t-elle besoin d’un économiste en chef ? Sans aucun doute, estime la firme de Mountain View. Par son étendue, son impact sur les nouvelles formes de communication, Google change les règles du jeu et les rapports de force économique. Avec son système de mise aux enchères AdWords (ces liens publicitaires qui apparaissent à côté des recherches Google et qui sont à l’origine de la fortune du groupe), Google aurait recréé une forme de marché quasi parfait. On ne pensait cela possible que dans les livres de théorie économique. Dans un long article que lui consacre au mois de juin le magazine Wired, Hal Varian, l’économiste en chef de Google expliquait ce principe.

L’ère des micromultinationales

Pour Hal Varian, aussi professeur à l’Université de Berkeley, la période actuelle est extraordinaire pour d’autres raisons également. « Nous passons à l’ére des micromultinationales, explique-t-il. Je reçois aujourd’hui des étudiants qui me présentent des projets d’étude en collaboration avec des amis à Mumbai, Anvers, Singapour, San Francisco… Ils communiquent directement pas messagerie instantanées, par documents partagés (wiki),… Nous sommes entrés dans une ère où les moyens de communication sont devenus tellement bon marché que n’importe qui peut s’organiser à travers le monde pour lancer une activité économique. Nous sommes passé à l’ére des micromultinationales« .

Voici dix ans à peine, ce genre d’organisation transnationale n’était envisageable que pour les très grandes entreprises. « Le coût des communications téléphoniques, les frais de transfert de données, sous oublier les vols transcontinentaux, nécessaires alors car il n’y avait pas d’autre moyen souvent de faire des réunions à plusieurs… Tout cela n’était à la portée que des grandes entreprises. Tout a changé avec l’effondrement de ces coûts. Désormais, les nouvelles compagnies, les startups, les PME, peuvent démarrer digitale et internationale dès le premier jour. Il s’agit d’une chance inouïe« .

Un nouveau champ de créativité à explorer

Pour le chef économiste de Google, les observateurs ne reconnaissent pas encore suffisamment l’impact que ces bouleversements engendreront également sur le plan de la créativité. Pourquoi un impact sur la créativité ? « Parce que grâce à ce bouillonnement de nouveaux échanges d’information, de communication, nous allons pouvoir multiplier les expérimentations de façon exponentielle. Tout un nouveau champ s’ouvre ».

La démocratisation totale des moyens de communication, l’explosion du volume  d’information disponible – et son organisation, bien sûr, par Google – ne manquent pas de rappeler les responsables du moteur de recherche – auront un impact aussi important, estime Hal Varian, que l’introduction de la chaîne d’assemblage dans l’industrie, voici un siècle. « On optimise ainsi les flux d’information et d’idées pour l’économie de la connaissance. A l’instar de l’optimisation, jadis, du flux de production de biens physiques, dans l’industrie, d’Henry Ford à aujourd’hui.

Interview vidéo de Hal Varian, réalisée au Lisbon Council, Bruxelles (slides de la présentation sur le site du Lisbon Council)

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