Ce que la curation d’information apporte aux PME (interview de Scoop.it)

16 mars 2011

« Les PME prennent aujourd’hui un risque en n’organisant par une veille sur Twitter »

16 février 2011

Oscar Berg: « L’entreprise sera transparente par défaut. Les zones protégées seront seulement définies à l’avance »

14 décembre 2010

Pourquoi renvoyer vers l’information de vos concurrents peut parfois rapporter gros ?

17 novembre 2010

S’il est une chose que les écoles de commerce se gardent bien d’enseigner à leurs étudiants futurs cadres d’entreprise, c’est de renvoyer leurs clients à la concurrence s’ils souhaitent des informations complémentaires.

Quel idiot ferait cela ?

Le portail internet Yahoo, à ses débuts, a pourtant été l’un de ces idiots.

Aujourd’hui, la firme ne s’en mord par les doigts. Au contraire, rappelle Ellie Mirman. C’est peut-être bien cette tactique qui, avec d’autres, a permis a l’entreprise californienne de s’envoler, voici plus d’une décennie,  vers le firmament du web.

Offrir la meilleure information à ses utilisateurs est le plus important, même si elle vient des concurrents

Certes, à l’époque, les outils de recherche en ligne n’étaient pas aussi performants qu’aujourd’hui.

Il n’empêche. A ses débuts, quand le moteur de recherche déroulait à l’écran une liste de résultats en réponse au mot-clé tapé dans l’interface par l’internaute, Yahoo ne se contentait d’afficher sa propre collecte. En bas de la page, Yahoo ajoutait un lien vers les résultats affichés par ses principaux concurrents (Excite, Ask, etc.) pour la même recherche en ligne…

Pour la société internet, cette approche permettait de gagner sur les deux tableaux. Ainsi…

  1. si la concurrence délivrait des résultats plus riches et pertinents, tant mieux pour l’utilisateur de Yahoo, qui pouvait bénéficier de ces meilleures informations
  2. en revanche, si la concurrence affichait des résultats de moins bonne qualité, la comparaison profitait à Yahoo, qui augmentait de la sorte la perception que son service était de meilleure qualité…

Le pouvoir de la transparence

« En incluant dans son service l’accès aux résultats procurés par les moteurs concurrents, les responsables de Yahoo ont pu profiler l’entreprise comme une organisation tournée en premier lieu vers la satisfaction de l’utilisateur, explique Ellie Mirman. Mieux que cela, le portail internet s’est présenté de la sorte auprès des internautes comme LE site internet à fréquenter pour obtenir les informations les plus complètes lors d’une recherche sur le web ».

On entend les sceptiques : « Cet exemple valait pour une société internet reconnue, dans un domaine dont le produit est justement la pertinence de l’information. Qu’est-ce qu’entreprise traditionnelle à à gagner de mettre en avant l’information publiée par ses concurrents ? »

La réponse est simple : devenir la principale source d’information pour les tiers au sujet d’une industrie particulière.

A l’heure où la qualité des contenus devient de plus en plus importante pour les responsables marketing, gagner la bataille de l’information est devenu plus stratégique que jamais.

Devenir une référence dans son champ d’activité

L’exemple des premières heures de Yahoo peut donc inspirer les responsables de certaines entreprises et directeurs marketing.

Joel Norton, un spécialiste du marketing pour les PME, a fait le tri entre les avantages et les inconvénients du fait de relayer les informations (commerciales, techniques, articles, réflexions,…) émises par les concurrents. Les voici :

Les contre :

  • Il y a un risque de faire indirectement la publicité de son concurrent, et donc de perdre des parts de marché
  • Le profil de votre entreprise peut se brouiller
  • La démarche encourage la comparaison des offres et des prix
  • Si l’information à laquelle vous renvoyez venant du concurrent est erronée, elle entachera par écho votre propre réputation

Les pour :

  • Votre entreprise devient un portail d’information pertinentes et dignes de confiance dans votre secteur d’activité
  • En conséquence, le trafic vers votre site internet s’accroît, avec des répercussions positives sur vos ventes
  • La « coopétition » ou la collaboration avec vos concurrentes se trouve facilitée. Vous pouvez développer ensemble une nouvelle catégorie de produit ou de service. Cela rejaillera également positivement sur votre position d’innovateur et donc, in fine, sur votre chiffre d’affaires…

On le voit, il n’y a pas de réponse noire ou blanche à la question.

Le nombre des avantages mérite néanmoins d’envisager l’éventualité. Une entreprise sûre de son positionnement et de la qualité de ses produits devrait pouvoir mener une démarche de cet ordre sans crainte. Encore une fois, à l’instar de Yahoo! à ses débuts, relayer de façon oecuménique les informations les plus pertinentes, quelles que soient leur source, donc y compris de la concurrence, peut vous façonner une réputation de pivot dans votre industrie.

Un compte-rendu des Assises de l’Intelligence stratégique

18 octobre 2010

Ce fut un bel exercice de stimulation de neurones, la semaine dernière, lors des premières Assises de l’intelligence stratégique.

L’intelligence stratégique gagne peu à peu les consciences d’un certain nombre de responsables de PME.

Dans la théorie, cette discipline regroupe les démarches relatives à la protection des données, à la recherche constante d’informations nouvelles sur les évolutions de son environnement économique (direct et moins direct) ainsi que la façon dont une entreprise peut agir sur et influencer ce dernier.

Dans les faits, l’intelligence stratégique traduit une tendance de fond dans l’évolution des PME modernes.

Cette évolution implique une plus grande ouverture et une plus grande réactivité des staffs d’encadrement vis-à-vis des signaux internes et externes. Elle sous-entend des organisations plus collaboratives, souples, réactives, capables de surpasser les agendas individuels. Des entreprises plus flexibles sur le plan stratégique, qui ne se dispersent pas pour autant.

L’intelligence stratégique passe aussi par une volonté des PME qui la pratiquent de tirer profits de multiples réseaux (technologiques, commerciaux, réseaux d’experts, thématiques…) dans lesquels elles s’insèrent.

Enfin, la PME qui pratique l’intelligence stratégique pourra développer une vision claire de son capital de connaissance, en définissant clairement ce qui peut être partagé et ce qui, même dans un environnement ouvert et transparent, nécessite d’être conservé soigneusement à l’abri des regards.

En bref, l’intelligence stratégique place la PME à la croisée des chemins entre l’Entreprise 2.0, la PME globale, innovante, intégrée dans les communautés d’innovation internationales.

Une combinaison de facteurs tangibles et intangibles

L’intelligence stratégique se compose d’un faisceau de pratiques concrètes. Mais l’intelligence stratégique correspond aussi à un état d’esprit constamment ouvert à l’imprévu et qui imbibe l’ensemble de l’organisation.

Lors des Assises, Jacques Breillat, de l’Institut d’Administration des Entreprises de Bordeaux, a résumé le concept selon l’équation suivante :

« L’intelligence économique (ou stratégique, dans notre cas) = une vision claire   x du leadership   x   le partage de l’information entre tous les collaborateurs   + une logique structurée de projet ».

L’intelligence stratégique, par ailleurs, est un ingrédient essentiel de la croissance de demain.

« L’entreprise ne peut croître si elle ne s’empare pas de nouvelles opportunités de marché, insiste de son côté, Sophie Larivet, professeur à l’ESCE de Paris. Or, sans une professionnalisation de la recherche des signaux pertinents, la PME n’aura pas connaissance de ces opportunités à saisir. Son développement en sera inévitablement affecté ».

Une évidence que de trop nombreuses PME ignorent encore, pourtant, dans les faits, faute de méthode, de professionnalisme et, simplement, d’attention, a-t-on répété au cours des Assises.

Adapter le modèle de management vers celui d’un facilitateur

L’adoption des principes de l’intelligence stratégique, il est vrai, nécessite un certain effort. Elle a des répercussions inévitables sur la culture du management d’une entreprise.

Pour Anthony Poncier, expert dans le domaine de la collaboration en entreprise  et de l’entreprise 2.0, présent également lors des Assises de l’intelligence stratégique, « les managers doivent passer du modèle de ‘la connaissance = le contrôle’ à celui de facilitateur, animateur et développeur d’équipes« .

« Aux USA, 30% des gains de productivité enregistrés ces dernières années sont le résultat de la mise en place d’organisations plus agiles », soutient Anthony Poncier.

Ainsi, 50% de l’information d’une entreprise passe, par exemple, par la ‘machine à café’. C’est souvent de là que démarre le processus de création de valeur d’une entreprise… Il est donc crucial que ces échanges d’information informels puissent avoir lieu, dans des environnements qui le permettent.

Une question de culture, avant d’être une question d’outils

Oui, mais comment procéder ?

La tentation classique consiste, parfois, à commencer par l’adoption d’outils ou de méthodologies très complexes. La complexité rassure les directions d’entreprise qui l’assimile à un gage de sérieux. Or, il s’agit souvent d’un mauvais réflexe...

« Si on aborde la question du collaboratif en entreprise en partant des outils, cela ne fonctionne pas », relève David Osimo, co-auteur d’une étude sur l’Entreprise 2.0, commandée par la Commission européenne.

Fabienne Vandekerkove, CKO de la société Whatever, abonde dans ce sens, se penchant sur l’évolution des systèmes complexes de knowledge management (KM). Frédéric Williquet résumait sur son blog le propos de Fabienne Vadekerkove (petit extrait ci-dessous) :

« Les années 90 ont été celles du knowledge management. Les années de la constitution d’énormes bases de données, lourdes, demandant de gros budgets… avec une grosse déception à l’arrivée car le système s’avéra être trop rigide (…) Avec les années 2000, l’arrivée du web2.0 et de son environnement qui permet l’émergence d’informations, la problématique touche plus à celle du comportement. On peut se permettre d’être moins structuré et simplement de s’exprimer. (…) En fin de compte, chacun, dans son métier, est un expert et il est important que tout le monde se sente responsable du processus de veille »

David Osimo partage le point de vue.

« Nous arrivons aujourd’hui vers des formes d’échanges d’informations beaucoup plus basées sur la narration, pas sur le formalisme », dit-il.

L’intelligence stratégique déjà en pratique sous différentes formes dans certaines PME

Quoi qu’il en soit, un certain nombre de PME se sont d’ores et déjà appropriés à la fois la culture et les outils.

Avec des résultats concrets.

Par exemple, avec l’utilisation de Facebook comme canal de construction d’une image de marque par le producteur de montres IceWatch, qui compte désormais près de 40.000 fans à travers le monde sur sa page Facebook.

Qui croirait qu’une spinoff biotech emprunterait le même chemin ? C’est pourtant ce que fait également Delphi Genetics.

« Cela peut paraître étonnant pour des scientifiques comme nous, explique Philippe Gabant, CEO de Delphi Genetics, mais nous nous sommes rendu compte que les jeunes chercheurs, les doctorants, qui ont souvent entre 23 ans et 30 ans, utilisaient beaucoup Facebook, où qu’ils soient. C’était une bonne façon de les contacter ».

Rudi Lassine, de CEO de la société Waltec Biometrics, a compris comment utiliser internet pour se faire davantage connaître.

« Nous utilisons des sites miroir, ou des site pot de miel (qui ne relaient pas de l’information commerciale mais qui liens vers nous) pointe-t-il. Cela accroît significativement notre visibilité en ligne. Nous avons appris ce genre de techniques en pratiquant l’intelligence stratégique. »

Pearltrees: « Nous vous permettons de visualiser l’univers des informations qui vous intéressent »

16 juillet 2010

De la Pharma 1.0 à l’écosystème Pharma 3.0

18 juin 2010

« Comme beaucoup de groupes pharmaceutiques se recentrent sur quelques domaines thérapeutiques, ils auront de moins en moins les moyens de mener de front tous leurs projets de recherche. Cela peut créer de belles occasions de lancement de start-ups avec des « business modèles » originaux « 

Telles est l’une des conclusions d’une rapport sur l’alliance entre groupes pharmaceutiques et sociétés de biotechnologie publié par le consultant Ernst & Young, relayée par Les Echos.

L’industrie pharmaceutique a commencé à s’ouvrir

Dans son enquête Pharma 3.0, Ernst & Young souligne l’élargissement du nombre des acteurs, ces dernières années, dans l’industrie pharmaceutiques.

Big Pharma n’est plus seul. Les investissements dans les sociétés biotech de forte croissance ont augmenté de 42%, en 2009 (pleine récession mondiale), comparé à l’année précédente. Le nombre d’accords de partenariat stratégique majeurs a continué de croître, l’année dernière.

L’industrie pharmaceutique s’est donc ouverte. La recherche et développement n’est plus cadenassée dans des silos internes aux grands noms du secteur.

Il se peut, pourtant, que « Big Pharma » doivent aller beaucoup plus loin dans ce processus de d’ouverture et d’intégrations multiples.

Pharma 3.0 ou l’innovation tirée par des écosystèmes autonomes

Aujourd’hui, une foultitude de nouveaux entrants, avec des profils très divers, s’ajoutent aux autres, dans le secteur des soins de santé.

« Alors même que les laboratoires pharmaceutiques continuent à mettre en œuvre des stratégies pour rester dans la course du modèle « Pharma 2.0 », leurs efforts pourraient bien être dépassés par un « écosystème Pharma 3.0 », où évoluent aux côtés des entreprises pharmaceutiques, des sociétés venant d’autres secteurs et des consommateurs de plus en plus avisés », observe Ernst & Young.

Le paysage des traitements thérapeutiques se diversifie. Grâce à l’information disponible sur internet, au dossier médical en ligne ou aux smartphones, le patient est de plus en plus informé…

Les sociétés de e-health, de m-health, vont prendre une place grandissante dans l’innovation en matière médicale. Ces dernières ont accès à des banques de données gigantesques sur lesquelles « Big Pharma » est moins bien positionné.

Les forums de patients, également, pourront jouer un rôle majeur. De même que les acteurs impliqués dans les collaborations entre universités, startups, hôpitaux, sociétés informatique, agro-alimentaires… Ils donnent le jour à de vrais écosystèmes autonomes.

Comprendre des réseaux de plus en plus complexes

Ces réseaux d’innovation et d’action deviennent de plus en plus complexes pour les acteurs majeurs du secteur de la biopharmacie.

Les entrepreneurs prennent la main.

« Même si cette industrie [pharmaceutique] a toujours été menée par l’innovation, les gagnants de la « Pharma 3.0 » seront ceux qui sauront aborder l’innovation avec de nouvelles approches. L’innovation ne concerne plus seulement le produit, elle englobe désormais la manière dont vous faites des affaires, avec qui vous faites des affaires et comment vous mobilisez vos ressources, dans l’intérêt du patient« , indique encore le communiqué de E&Y.


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