L’éthique personnelle des dirigeants : une protection également contre la fraude et l’espionnage

17 janvier 2011

L’impact des nouveaux modes de communication sur les pratiques de lobbying

5 janvier 2011

« En 2008, les autorités italiennes avaient pour projet de relever le taux de TVA sur la télévision à la demande de 10 à 20%. Au delà des protestations sous forme classique de la part des opérateurs concernés, des citoyens et des consommateurs individuels ont déclenché un mouvement de protestation sur des blogs et des groupes Facebook. De la sorte, il ont amplifié la voix de la contestation ».

« Plus récemment, le gouvernement Berlusconi a tenté de mettre en application une législation visant à imposer les mêmes contraintes légales à Youtube et autres plates-formes vidéo en ligne que celles en vigueur pour MediaSet ou NewsCorp. Ce dispositif risquait de tuer la vidéo en ligne. A nouveau, des individus se sont mobilisés massivement sur les réseaux sociaux et les blogs. Finalement, la proposition de loi fut amendée »

Que ce soit dans le domaine du nucléaire, de la protection des patients, du développement des transports publics ou autres, la pratique du lobbying au niveau législatif semble avoir pris un tournant manifeste.

Faisant référence aux deux exemples ci-dessus, Massimo Micucci, expert italien du lobbying, observe que les possibilités offertes aux individus de s’auto-coordonner spontanément sur les réseaux sociaux commence à montrer son impact sur le processus général de formation de lois et réglements.

« Aujourd’hui, dans un nombre croissant de cas, nous voyons le processus de lobbying passer de la négociation à la conversation », indique-t-il.

Des instruments traditionnels de négociation des lobbyiste vers l’écoute et la conversation

Historiquement, les instruments à disposition des lobbyistes législatif étaient de plusieurs ordres :

  • fréquenter assidûment les couloirs des assemblées parlementaires
  • organiser des déjeuners
  • fournir des études approfondies portant la caution de scientifiques éminents
  • obtenir les rendez-vous avec les collaborateurs directs des mandataires politiques en charge de la matière traitée
  • lancer une campagne de relations publiques dans la presse
  • organiser des pétitions
  • etc.

« Le lobbying efficace repose sur le relationnel et la capacité d’acheminer un certain type d’information (pour un client) à destination d’un décideur via ce tissu relationnel. Toutes ces pratiques fonctionnent encore bel et bien aujourd’hui », note Triad Strategies, une société de relations publiques et de lobbying basée au Etats-Unis.

Néanmoins, le transfert de la vox populi sur le Net va fragiliser l’effet des actions discrètes, si le débat prend une tournure plus publique.

« Les législateurs et leurs attachés ne sont pas (ou plus) uniquement dépendants de l’information que leurs présentent les lobbyistes des différents bords, poursuit Triad Strategies. Grâce à internet, ils passent désormais un temps croissant à rechercher de l’information par eux-mêmes. Les blogs et les réseaux sociaux sont des espaces sur lesquels ils s’informent de plus en plus »

Nécessité de changer mais aussi opportunités pour les lobbyistes

A l’inverse, les blogs, Twitter, Youtube, Facebook sont aussi un nouveau canal permettant de passer des messages et intervenir dans le débat avec des arguments percutants. Ils donnent la possibilité de se mettre à l’écoute de ce que pensent les responsables politiques, de façon parfois beaucoup plus simple et informelle que les voies classiques.

C’est ce que met notamment en avant Caroline De Cock, lobbyiste professionnelle installée dans le quartier européen à Bruxelles, auteur de iLobby.eu , un livre sur le lobbying et les médias sociaux.

« Twitter, par exemple, est devenu une source d’information précieuse, explique Caroline De Cock. Les parlementaires européens y partagent leurs états d’âme, leur agenda ainsi que les sujets qu’ils sont en train de traiter. Les membres du Conseil et de la Commission sont également de plus en plus présents sur ces espaces virtuels »

Par ailleurs, les médias sociaux permettent d’étendre substantiellement son réseau de networking.

« Au lieu de fréquenter tout le temps des réceptions et des cocktails bruxellois dans lesquels je rencontre tout le temps les mêmes 100 personnes, les réseaux sociaux me permettent d’entrer en contact avec des experts de l’autre côté du globe, pointe encore la lobbyiste. Ils me donnent des perspectives différentes qui me servent ensuite pour me différencier dans mon métier »

Intervention de Massimo Micucci :

L’ère Wikileaks modifie-t-elle les comportements autour de l’information d’entreprise ?

15 décembre 2010

« Le plus grand motif d’inquiétude pour les entreprises ne devrait pas venir des risques de commérages de diplomates, mais bien de la sécurité insuffisante assurée autour des dossiers qui les concernent. L’amélioration constante des technologies, ces dernières années, a entraîné une hausse très significative de la production de données individuelles. Pour les entreprises, c’est un avantage et une source aussi de vulnérabilité. »

Voici ce qu’écrivait, cette semaine, le magazine britannique The Economist, au sujet de Wikileaks.

Les chancelleries ne sont pas les seules à se préoccuper de l’impact potentiel de la plate-forme de divulgation des grands secrets de la planète. Les entreprises sont également dans le collimateur des disciplines de Julian Assange.

Le site internet n’en est pas à son coup d’essai en matière d’information d’entreprise. En 2008, Wikileaks avait dévoilé les comptes de 1.600 clients d’une banque suisses aux îles Caïmans. Et le site internet pourrait, prochainement, ébranler une autre grande institution financière.

« Nous disposons de 5 gigabytes en provenance du disque dur du dirigeant d’une très grande banque internationale », confiait Assange, à la fin du mois dernier…

Multiplication des clones de Wikileaks

Il va sans doute falloir s’y habituer…

Même si les actuelles campagnes politiques et judiciaires contre le site internet devraient gêner, à court terme, les action de Wikileaks, il est dorénavant clair que la plate-forme dédiée aux révélations incendiaires animera les paysage médiatiques pour quelques temps encore.

Des centaines de sites internet miroirs dupliquent déjà les contenus publiés sur Wikileaks. Ce dernier, de ce fait, devient quasi invulnérable.

Julian Assange a, par ailleurs, fait des émules. Les « whistleblowers » peuvent à présent compter sur des enceintes numériques alternatives : OpenLeaks, BrusselsLeaks (pour les affaires européennes), BalkanLeaks, IndoLeaks…

Les fuites (brutes) trouveront ainsi de nouvelles voies d’écoulement.

Bien sûr, la diffusion d’informations critiques suscitera l’intérêt proportionnellement à l’importance de l’organisation qu’elle concerne. Les PME ont sans doute moins de choses à redouter que les très grandes entreprises. Il n’empêche. Wikileaks et ses cousins modifieront, sans doute, à terme, le paysage de l’information économique

Changement de comportements ?

Les entreprises pourraient-elles changer leurs comportements, leurs pratiques, voire leur éthique, pour tenir compte de cette nouvelle donne ?

On peut penser que si elles le font, ce ne sera pas en raison de Wikileaks.

Néanmoins, les entreprises pourraient redoubler de précautions dans le cadre d’informations extrêmement stratégiques.

Le site SmartCompany inventoriait, voici quelques jours, des resserrements possibles de la politique de sécurité découlant des leçons tirées de l’affaire Wikileaks. Cependant, il soulignait aussi des difficultés à les mettre en oeuvre…

« Les fuites relatives à aux câbles diplomatiques américains, sur Wikileaks, venaient, dit-on, d’un simple soldat qui a transféré sur DVDs les dizaines de milliers de documents auxquels il avait accès via le système informatique de l’armée US. Sur base de cette expérience, une entreprise pourrait décider de bloquer le « port » USB des ordinateurs de ses employés. Dans le même temps, cette mesure pourrait nuire à la productivité de ses employés… », observait SmartCompany.

Dilemme…

Clarifier les rôles et responsabilités

Nous entrons, pour un mieux sans doute, dans une ère de transparence. De tout temps, toute vérité n’a toutefois pas toujours été bonne à dire.

Mieux vaut dès lors, en premier lieu, clarifier les codes de conduite dans l’entreprise sur l’usage des données interne ainsi que la responsabilité individuelle qu’engendre l’accès à ces dernières…

A la merci d’une séquence volée uploadée sur Youtube, les hommes politiques et les célébrités changent aujourd’hui leur comportement en public. Ils sont plus prudents.

Qui sait si, d’une certaine manière, les Wikileaks business n’auront pas, à l’avenir, un impact similaire sur l’information d’entreprise ?

Intelligence économique

Intelligence stratégique

Comment EXKI co-innove avec ses employés et ses clients

30 novembre 2010

Pourquoi renvoyer vers l’information de vos concurrents peut parfois rapporter gros ?

17 novembre 2010

S’il est une chose que les écoles de commerce se gardent bien d’enseigner à leurs étudiants futurs cadres d’entreprise, c’est de renvoyer leurs clients à la concurrence s’ils souhaitent des informations complémentaires.

Quel idiot ferait cela ?

Le portail internet Yahoo, à ses débuts, a pourtant été l’un de ces idiots.

Aujourd’hui, la firme ne s’en mord par les doigts. Au contraire, rappelle Ellie Mirman. C’est peut-être bien cette tactique qui, avec d’autres, a permis a l’entreprise californienne de s’envoler, voici plus d’une décennie,  vers le firmament du web.

Offrir la meilleure information à ses utilisateurs est le plus important, même si elle vient des concurrents

Certes, à l’époque, les outils de recherche en ligne n’étaient pas aussi performants qu’aujourd’hui.

Il n’empêche. A ses débuts, quand le moteur de recherche déroulait à l’écran une liste de résultats en réponse au mot-clé tapé dans l’interface par l’internaute, Yahoo ne se contentait d’afficher sa propre collecte. En bas de la page, Yahoo ajoutait un lien vers les résultats affichés par ses principaux concurrents (Excite, Ask, etc.) pour la même recherche en ligne…

Pour la société internet, cette approche permettait de gagner sur les deux tableaux. Ainsi…

  1. si la concurrence délivrait des résultats plus riches et pertinents, tant mieux pour l’utilisateur de Yahoo, qui pouvait bénéficier de ces meilleures informations
  2. en revanche, si la concurrence affichait des résultats de moins bonne qualité, la comparaison profitait à Yahoo, qui augmentait de la sorte la perception que son service était de meilleure qualité…

Le pouvoir de la transparence

« En incluant dans son service l’accès aux résultats procurés par les moteurs concurrents, les responsables de Yahoo ont pu profiler l’entreprise comme une organisation tournée en premier lieu vers la satisfaction de l’utilisateur, explique Ellie Mirman. Mieux que cela, le portail internet s’est présenté de la sorte auprès des internautes comme LE site internet à fréquenter pour obtenir les informations les plus complètes lors d’une recherche sur le web ».

On entend les sceptiques : « Cet exemple valait pour une société internet reconnue, dans un domaine dont le produit est justement la pertinence de l’information. Qu’est-ce qu’entreprise traditionnelle à à gagner de mettre en avant l’information publiée par ses concurrents ? »

La réponse est simple : devenir la principale source d’information pour les tiers au sujet d’une industrie particulière.

A l’heure où la qualité des contenus devient de plus en plus importante pour les responsables marketing, gagner la bataille de l’information est devenu plus stratégique que jamais.

Devenir une référence dans son champ d’activité

L’exemple des premières heures de Yahoo peut donc inspirer les responsables de certaines entreprises et directeurs marketing.

Joel Norton, un spécialiste du marketing pour les PME, a fait le tri entre les avantages et les inconvénients du fait de relayer les informations (commerciales, techniques, articles, réflexions,…) émises par les concurrents. Les voici :

Les contre :

  • Il y a un risque de faire indirectement la publicité de son concurrent, et donc de perdre des parts de marché
  • Le profil de votre entreprise peut se brouiller
  • La démarche encourage la comparaison des offres et des prix
  • Si l’information à laquelle vous renvoyez venant du concurrent est erronée, elle entachera par écho votre propre réputation

Les pour :

  • Votre entreprise devient un portail d’information pertinentes et dignes de confiance dans votre secteur d’activité
  • En conséquence, le trafic vers votre site internet s’accroît, avec des répercussions positives sur vos ventes
  • La « coopétition » ou la collaboration avec vos concurrentes se trouve facilitée. Vous pouvez développer ensemble une nouvelle catégorie de produit ou de service. Cela rejaillera également positivement sur votre position d’innovateur et donc, in fine, sur votre chiffre d’affaires…

On le voit, il n’y a pas de réponse noire ou blanche à la question.

Le nombre des avantages mérite néanmoins d’envisager l’éventualité. Une entreprise sûre de son positionnement et de la qualité de ses produits devrait pouvoir mener une démarche de cet ordre sans crainte. Encore une fois, à l’instar de Yahoo! à ses débuts, relayer de façon oecuménique les informations les plus pertinentes, quelles que soient leur source, donc y compris de la concurrence, peut vous façonner une réputation de pivot dans votre industrie.

La nécessité d’une organisation agile dans un environnement imprévisible

8 novembre 2010

Samsung est devenu le nouveau Sony en privilégiant l’écoute et la créativité

30 septembre 2010

« Quelque 67% des utilisateurs d’appareil photos de moins de 45 ans prennent surtout des photos d ‘eux-mêmes, pas des autres. Or, la plupart des appareils photos n’étaient pas conçus à cette fin. C’est ainsi que nous avons pensé à placer un deuxième écran sur la face de l’appareil… Ainsi est né notre appareil photo DualView . »

Voici dix ou vingt ans, le groupe sud-coréen Samsung n’aurait sans doute jamais adopté cette approche pour élaborer ses nouveaux produits. Mais…

Samsung à la conquête du monde…

C’est un fait : l’entreprise sud-coréenne a changé. Pour un mieux, visiblement.

En dix ans, la firme a quadruplé son chiffre d’affaires (près de 140 milliards de dollars, plus de 150.000 employés dans le monde ).

Samsung a dépassé son maître, le groupe japonais Sony. Depuis le milieu des années 2000, déjà, la capitalisation boursière et la marque sud-coréenne valent plus que celle du géant nippon.

En moins d’une décennie, Samsung est passé du statut de marque de moyenne gamme, sans grande personnalité, à celui de « must », sur le plan international. Samsung est leader mondial des téléviseurs à écran plats. La marque a pris une avance considérable dans le domaine des écrans 3D. Samsung est aussi numéro 1 mondial des micro-processeurs. Le groupe talonne maintenant Nokia dans le marché des téléphones mobiles. Il est déjà premier aux Etats-Unis…

Un conglomérat quasi-militaire qui a changé de culture d’entreprise

« Nous étions un conglomérat d’ingénieurs, organisé de façon militaire, commente Yoon C. Lee, l’un des vice-présidents de Samsung, dans un exposé à la Columbia University (voir vidéo ci-dessous). Mais voici quelques années,  nous avons choisi de migrer, pour l’électronique grand public, d’un processus de développement centré sur la technologie et l’ingénierie vers un processus beaucoup plus à l’écoute de l’évolution des usages ».

En interne, Samsung s’est décontractée. La firme s’est mise à l’écoute des individus, des moeurs, et de l’évolution des besoins. Elle a changé sa culture de management.

Exemple : Samsung a fait raser son siège historique, une sorte de blockhaus. A la place, le groupe sud-coréen à bâti un véritable campus ouvert, explique cet article de Business Week. Le costume-cravate rigoureusement obligatoire, jadis, laisse à présent plus de place au jeans et tee-shirt. Les cadres féminins sont plus nombreux au sommet du groupe. Plus de nationalités différentes, aussi.

« L’ancien modèle nécessitait d’être adapté pour évoluer dans un environnement créatif », affirme-t-on à Séoul.

L’équilibre entre R&D, écoute et émotion

Bien sûr, la recherche constante de productivité et d’efficacité de prodiction, l’écosystème industriel de la Corée du Sud, ne sont pas pour rien, non plus, dans les actuels  succès de Samsung. Le groupe investit massivement en recherche et développement (R&D). Il emploie plus de 28.000 ingénieurs dans le monde, sans compter les partenariats extérieurs.

« L’équilibre entre ce haut degré d’ingéniérie et notre capacité, aujourd’hui, de comprendre notre environnement extérieur, les consommateurs et l’émotion que peut susciter un produit, c’est notre sauce magique », commente Yoon C. Lee.

Samsung reste un pionnier de la technologie. La firme continue de développer des produits de pointe, dans les micro-processeurs ou les écrans LCD. Mais alors que certains de ses concurrents se battent de relatifs détails, comme le nombre de micro-pixels ou la minceur extrême des appareils, Samsung, lui, a choisi de se focaliser sur l’émotion et la rencontre des besoins de terrain. Pour ce faire, l’entreprise d’électronique pose son stétoscope partout.

« L’analyse des données sociologiques, par exemple, est fondamentales pour être créatif et pouvoir créer les meilleurs produits, insiste Yoon C. Lee. L’ingéniérie est au service de cela. Pour parvenir à cet équilibre, nous menons de nombreuses études sur les usages, les différences d’attente entre les générations. Nous faisons également en sorte que les processus qui encadrent l’innovation soient aussi clairs et simples que possibles »

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