Comment tuer son intranet
9 décembre 2009
Le modèle de gestion de la connaissance chez BP
15 juillet 2009
Six aptitudes clés à développer pour gérer l’information sur le Net
8 juillet 2009
A ses débuts, dans le milieu des année 90, internet est apparu comme une immense bibliothèque d’information mise par magie à disposition des utilisateurs connectés. Dans leur comportement de chercheur et de consommateur d’information, les internautes ont fort logiquement adopté un comportement similaire à celui d’un usager de bibliothèque. Dans une bibliothèque, la recherche s’effectue dans des catalogues de fiches ou sur une base de données d’ordinateur branché localement. La réponse renvoie à une source (ouvrages, journaux, magazines, travail d’étude…). 
Ce modèle est longtemps resté valable sur le Net. Ces trois ou quatre dernières années, la navigation sur internet a toutefois subi de profondes modifications.
Entre-temps, les usagers de la bibliothèque « internet » sont devenus producteurs d’information. Ils fabriquent des contenus qui à leur tour viennent s’ajouter aux sources traditionnelles. Ils grossissent le stock de la bibliothèque. L’information et les contenus mis en ligne sont devenus dynamiques. Ils s’enrichissent chaque jour des commentaires, modifications, critiques, contenues riches (son, image, vidéo…) qui leur sont ajoutées. La recherche d’informations efficace sur le Net ne peut donc plus s’inscrire aujourd’hui dans une démarche unilatérale.
Les nouveaux supports en ligne appellent l’adoption de nouveaux comportements. Le développement de nouvelles aptitudes. À la fois pour recueillir de l’information. Mais aussi, pouvoir produire, enrichir ou corriger d’autres contenus.
Nous reprenons ci-dessous six de ces nouvelles aptitudes nécessaires pour naviguer dans l’environnement de l’information d’aujourd’hui. Nous nous sommes, entre autres, inspirés de l’article suivant « The New Media Skills ».
1. Le jugement
Evaluer la crédibilité et le sérieux d’une multitude de sources d’informations.
Il n’y a pas si longtemps on pouvait se reposer sur un nombre de sources d’informations limité. Faire la différence entre ces dernières n’était pas compliqué. Je savais qu’en lisant le Monde, je disposais d’information plus fiable qu’en lisant France Dimanche. Aujourd’hui les sources d’informations sont infinies. Les codes ne sont plus les mêmes. Il faut faire preuve d’esprit très critique afin de séparer l’ivraie du bon grain. Cela peut paraître évident. Mais l’énorme masse d’informations d’aujourd’hui exige d’affûter davantage cette disposition.
2. Une navigation multimédia
Etre capable de suivre le flux d’ informations à travers de multiples supports.
Les façons de lire une information ont terriblement évolué. Avant, le mode de lecture était très linéaire (un début, un milieu, une fin). Désormais, une information se compose d’une multitude de petits éléments épars. Un article, une émission ne constituent plus qu’un élément d’une histoire. C’est l’exemple des « Topics » du New York Times (l’équivalent d’un dossier reliant de multiples informations de contexte).
Il ne suffit plus, non plus, de savoir lire ou allumer un téléviseur. Il faut maîtriser une multitude d’outils. Au niveau du « hardware »: l’information est disponible sur ordinateur, mais également sur les téléphones portables ou sur du papier électronique. Au niveau du « software »: de nouveaux outils plus efficaces apparaissent sans cesse sur le Net.
Certaines sources d’informations nécessitent aussi l’utilisation d’outils particuliers. Par exemple si l’on désire suivre une grande quantité de blogs, aller tous les jours sur ceux-ci pour voir si rien de neuf n’a été publié est une perte de temps. Dans ce cas l’on va utiliser des outils qui vont permettre à l’utilisateur d’être prévenu rapidement d’une mise à jour sur tel ou tel blog (agrégateur).
3. L’adaptation
Naviguer entre différentes communautés. Comprendre le fonctionnement de celle-ci. Et pouvoir suivre des normes alternatives à celles auxquelles nous sommes habitués.
Le principe de base n’est pas différent de la vie réelle. L’attitude que l’on a lorsque l’on boit un verre entre amis, n’est pas la même que celle adoptée dans un milieu professionnel. Cela relève de l’évidence. Il y a un décor, un cadre qui nous signalent de manière claire quelle attitude l’on doit adopter. Sur le Web pas de décors, les « normes » à adopter vont dépendre des personnes, du sujet qui les réunis.
4. Etre conscient de son identité numérique
Chaque élément que l’on met en ligne participe à la construction d’une image d’un Moi numérique. Prendre conscience de cet état de fait permet d’éviter des écueils, à l’image du fameux Marc L*** qui a vu sa vie déballer dans un article du magazine Le Tigre.
Un journaliste dudit magazine avait mené une enquête sur une personne prise au hasard, nommé Marc L***. Grâce aux éléments que Marc L*** avait laissés sur internet, le journaliste a réussi à reconstituer des pans entiers de la vie cette personne. Cet aspect un peu effrayant ne doit toutefois faire oblitérer le fait qu’ une présence numérique maitrisée peut être bénéfique notamment via des réseaux comme Linked-in.
5. L’intelligence collective
Nombres d’outils facilitant la collaboration sont apparus sur le Web. L’efficacité et la force d’un travail collaboratif rondement mené sont telles que le fait de pouvoir collaborer s’impose aujourd’hui comme une compétence indispensable dans l’entreprise. Il faut pouvoir mettre en commun du savoir, comparer ses notes avec les autres en vue d’accomplir un but commun. Une attitude peu évidente vu que tous, à peu près, nous avons été habitués à créer un document, un travail auquel on pouvait s’attribuer le mérite.
Exemples:
- La bien connue encyclopédie Wikipédia en est une très bonne illustration.
- . Un professeur a posé une question à ces étudiants : C’est quoi être étudiant aujourd’hui? 200 de ces élèves ont répondu à cette question de manière collaborative grâce à Google document. Le résultat se trouve dans la vidéo:
6. L’appropriation
Pouvoir prendre des échantillons d’information médias et pouvoir les « remixer » de façon à créer du sens.
Nous l’avons évoqué plus haut: les éléments d’une information, d’une histoire sont éparpillées aux quatre coins du Web. Pouvoir les réunir dans un seul « produit », en un seul endroit permet de diffuser des messages qui ont beaucoup de force.
Exemples:
- Cette vidéo souligne le caractère guerrier des termes utilisé pour parler de la crise économique à travers un mélange d’images d’archives et d’images d’actualités:
- Cette vidéo bien connue de la campagne électorale de Barack Obama dans laquelle des chanteurs ont créé un mix avec les paroles d’un discours de l’actuel président des États-Unis:
Même si ces éléments ont une portée générale, il convient d’y prêter attention. Désormais, ces compétences sont à plus d’un titre essentiel pour n’importe quelle compagnie.
Les PME ne peuvent faire de la veille économique ? Une fausse excuse
26 mai 2009
Le monde économique change, on le sait. Le débouché d’hier peut se révéler demain un cul de sac. Une norme qui protégeait hier l’activité principale d’une entreprise est balayée par une nouvelle réglementation adoptée au niveau international. Un concurrent est racheté par un société industrielle cinq fois plus puissante que lui et qui lui met désormais à disposition un redoutable réseau commercial. Une technique fraîchement éprouvée diminue par deux le processus d’application d’un revêtement de route et rend obsolète le service presté par un entrepreneur en travaux publics…
Pour anticiper ces aléas, les grandes entreprises mettent en place des structures de veille. Elles ouvrent les yeux et les oreilles. Elles aiguisent leur odorat. Sur internet et ailleurs. Le fait d’ouvrir grand les pavillons n’est toutefois pas une exclusive des grandes structures. La veille est à la portée des PME. Elle serait même plus facile à exercer dans les petites structures, observe Fabienne Vandekerkove, consultante en knowledge management et Chief Knowledge Officer de la société Whatever de Louvain-la-Neuve.
Veille et intelligence économique: avantage aux PME
« Du point de vue de la veille, souligne Fabienne Vandekerkove, les PME présentent des atouts. La veille et l’intelligence économique dans les grandes entreprises est en général très morcelée. Déjà, il faut tenir compte du marketing en France, en Allemagne, au Royaume-Uni… « Du fait de leur petite taille, les PME peuvent opérer plus facilement une veille économique à 360 °, poursuit la CKO de Whatever. L’organisation peut absorber plus rapidement le produit de cette veille, avec des résultats en termes de choix, de décision, de stratégie… car la capacité de réation de la PME est bien entendu beaucoup plus grande. D’où une attention plus soutenue vis à vis des élements extrêmes qui peuvent influencer son environnement ».
Les outils internet (Google Alert, RSS…) permettent déjà de faire beaucoup sans grand investissement.
Dire que les PME n’ont pas les moyens de faire de la veille et de l’intelligence économique est donc une fausse excuse, selon elle.
Knowledge management: transformer l’information en connaissance
« Capter l’information et les connaissance n’est que le début du travail. Si l’on veut que l’information soit échangée, discutée, débattue, elle doit être traitée pour être transformée en document tangible ».
C’est seulement lorsque l’information est reproduite sur un support standardisé que la circulation l’information devient possible dans l’organisation. Qu’elle aboutira aux personnes pour laquelle elle est la plus utile. « Une fois passé ce cycle, l’information peut se transformer en connaissance, transférable », explique Fabienne Vandekerkove.
Les plate-formes d’échange d’information, de collaboration,… peuvent s’avérer d’excellents supports. Pour l’entreprise, la priorité est toutefois, d’abord, de comprendre ses valeurs. Quelle est la connaissance qui fait sa valeur ajoutées.
« Enfin, n’oubliez pas la connaissance des anciens, note Fabienne Vandekerkove. La SNCF, par exemple, connaîtra prochainement un flot énorme de départs à la retraite, notamment les personnes qui ont mis en oeuvre le TGV. Pour optimiser les transferts de compétence, il existe des techniques. On met par exemple les personnes proches du futur retraité autour d’une table et on leur demande dans quels cas ils recourent au savoir ou à l’appréciation de la personne. On formalise ensuite cette connaissance ». Pas de technologie. Que du process.
Knowledge management: la fin de l’ancien modèle
31 mars 2009
« Si nous savions ce que nous savons, nous serions trois fois plus rentables » (Hewlett Packard)
27 décembre 2008
La différence entre une idée et une suggestion
24 décembre 2008
Produit-on une idée lorsque l’on fait une suggestion ? Et inversement ?
La question est moins insignifiante qu’il n’y paraît. L’avenir des entreprises modernes dépend de leur capacité à innover. Or toute innovation commence par une idée. Gérer l’innovation, cela commence donc par gérer les idées.

Les entreprises les plus ouvertes encouragent désormais l’ensemble de leurs employés à émettre des idées. « Hélas, On voit arriver des idées qui n’en sont pas. Les propositions soumises par les employés ou les cadres ne sont parfois que des suggestions. Pas des idées », observe cependant Prakasan Kappoth, un spécialise en knowlegde management de la société MindTree, basé à Bangalore. « Le problème, c’est qu’il n’est pas facile de délimiter une frontière entre une idée et une suggestion ».
Pour les personnes qui sont chargées de faire le tri, le défi n’est pas mince. Il s’agit de ne pas décourager les personnes. Au mieux, peut-on dire, il est loisible de sensibiliser les presonnes à l’existence de cette distinction entre une idée et une suggestion.
Steven Swann, un consultant en créativité, et quelques autres, ont apporté une partie de réponse à la question de Prakasan Kappoth: « Les suggestions sont des semences. Les idées, ce sont les semences qui ont germées. L’innovation, enfin, c’est la plante en pleine floraison ».
Steven Swann accompagne cette distinction d’une parabole, riche toutefois d’enseignements par rapport aux défis de la période de crise actuelle.
« Il existait une ville magnifique, célèbre pour ses jardins dans laquelle poussaient des arbres superbes et des fruits savoureux. Cette ville était enviée de tous. Un jour, vinrent des temps difficiles. L’argent vint à manquer. Des conseillers très nantis du roi lui recommandèrent de se débarrasser des jardiniers. Ils n’étaient pas vitaux, selon eux. Les jardins dépérirent rapidement. Les fruits ne poussèrent plus. La ville déclina. Les conseillers nantis étaient entre-temps partis conseiller d’autres rois et d’autres villes. Les habitants prirent des graines et les jetèrent en vrac sur les terres à nu. Des plantes poussèrent puis fanèrent, faute d »entretien, de composition et de soins. Le roi rappela alors les jardiniers. Ces derniers demandèrent aux habitants de collecter toutes les graines qu’ils pouvaient trouver. Ils enseignèrent aux habitants à entretenir les plantes. A préserver les espaces vitaux. A ne pas ensemencer tout en même temps. Que toutes les espèces nécessitaient de soins différents. Avec l’implication de tous, la ville repris rapidement son éclat. Les jardiniers devinrent les conseillers du roi. Et la ville pu à nouveau manger et prospérer mieux que jadis ».
On l’aura compris: les idées et les suggestions, comme les semences, nécessitent des soins particuliers et un traitement différent selon les cas. Sinon, elles s’étouffent. Elles n’atteignent jamais le stade de l’innovation
En cette période de crise, la tentation est grande pour certaines entreprises de réduire la voilure au niveau de ces efforts de créativité collective, jugé superflu. Erreur. Cet investissement est sans doute celui qui leur permettra de redémarrer le plus vite, une fois la tempête passée…
(photo Flickr MaryCB)







