Medias: l’essor du fascinant modèle des contenus distibués
4 mai 2010
L’âge moyen du premier achat de contenu digital aux Etats-Unis : 7 ans
18 avril 2010
Blog: du carnet personnel au média d’entreprise (par Eric Dupin)
22 octobre 2009
Comment les magazines vont survivre dans l’ère digitale
30 juin 2009
Sergey Brin (Google’s co-founder) au sujet du changement de modèle en cours dans l’industrie de la presse
28 mai 2009
Partenariat Youtube/Euronews: parce que le modèle des médias fermés a vécu
6 mai 2009
« Nous aurions pu ouvrir un espace sur notre site internet pour permettre aux gens de poster leurs questions sous forme vidéo. Nous aurions pu ensuite lancer une vaste campagne de marketing pour faire connaître l’initiative. Nous avons choisi de faire cela plus intelligemment » A l’occasion des élections européennes du 7 juin, Michael Peters, directeur général d’Euronews, la chaîne d’information européenne multilingue, invite donc les téléspectateurs européens à publier leur question directement sur le site de partage de vidéo Youtube. Le projet s’intitule « Questions for Europe« .
Depuis 2007, déjà, Euronews met en ligne sur Youtube certains de ses reportages. Au total, le diffuseur gère huit chaînes sur le site de partage en ligne, une par langue couverte :anglais, français, allemand ou… russe (voir ci joint).
L’idée de poser des questions à une équipe de journalistes n’a rien de bien neuf. Voici trente ans, déjà, les téléspectateurs pouvaient appeler en direct le standard téléphonique des émissions de jeux ou de variété. Plus récemment, d’autres chaînes de télévision ont testé l’envoi de question via vidéo sur internet, à l’instar de la RTBF belge, avec le service de Seesmic.
Les médias ont besoin de la puissance de diffusion de Youtube
L’originalité de l’annonce du partenariat de Euronews avec Youtube tient davantage dans l’approche qui est à présent celle du diffuseur basé à Lyon. Youtube offre à la chaîne une nouvelle caisse de résonnance pour ses contenus, qui va ainsi au delà des canaux traditionnels (câble, satellite). Désormais, pour Euronews, l’important n’est d’attirer absolument le public sur une plate-forme TV. Mais de déployer ses contenus sur de multiples canaux. En d’autres mots, Euronews valide la prédiction selon laquelle, dans l’avenir, les médias devront dissocier de plus en plus les contenus qu’ils produisent des supports de diffusion (papier, site internet ad hoc, chaîne de télévision,…auxquels s’ajoutent maintenant les Youtube, Facebook, Twitter, blogs et autres). Les médias ne sont plus amenés à être nécessairement propriétaires de ces canaux de diffusion. Le modèle des médias fermés a vécu.
Le journal Le Monde, par exemple, a franchi lui aussi cette évolution, en s’associant récemment au site français de partage de vidéo Dailymotion. Une première étape, sans doute.
Youtube a besoin du contenu des grands médias
Pour Youtube, Dailymotion, et d’autres site de partage vidéo, les partenariats noués avec de grands médias connus permet d’amener du contenu de qualité sur leur site. Ce contenu génère une gros volume de trafic supplémentaire. Ils tenteront de valoriser ensuite celui-ci grâce à la publicité.
A ce jour, Youtube enregistre toujours des pertes massives (1 million de dollars par jour). Le service doit affiner son modèle d’affaires. L’intégration de contenus en provenance de marques médias recunnues est pour lui stratégique. Aux Etats-Unis, le site de vidéo en ligne Hulu.com se positionne comme un modèle challenger de celui de Youtube. Le premier diffuse notamment, avec leur accord, les séries TV récentes de grands Networks américains. Hulu.com bat des records d’affluence. Le site n’a, cependant, en rien la portée internationale ni le potentiel en termes d’audience de niche d’un Youtube.
« Aujourd’hui, les contenus TV apparaissent sur les réseaux comme Youtube, observe Aaron Ferstman, directeur communication politique chez Youtube. Nous avons des partenariats sembables aux Etats-Unis, avec Fox News ou des chaînes de télévisions locales. Mais la dynamique va également dans l’autre sens. Avec Question for Europe de Euronews, par exemple, les contenus produits par les utilisateurs et mis en ligne sur Youtube se retrouvent intégré dans les programmes officiels de la chaîne ».
Euronews compte en effet utiliser le matériel produit par les usagers de Youtube dans le cadre de ce programme pour alimenter la réflexion et le travail éditorial des journalistes, mais aussi illustrer des reportages, des points de vue ou des sujets d’actualité. Chacun peut ainsi devenir membre de la rédaction de la chaîne européenne et participer au travail de celle. Telle est l’ubiquité des contenus. D’autres journaux tracent également la voie dans cette direction. Le Guardian, notamment, au Royaume-Uni, qui va encore plus loin avec son open platform pour développeurs.
Pour Emily Bell, directrice des contenus digitaux de Guardian News and Media, les journalistes doivent aujourd’hui aller là où se trouve le public. Et le public ne s’accroche plus, aujourd’hui, aux seuls grands titres de la presse :
Instead of hoping that people will go to their website to read or watch the news, journalists will need to take their stories out to where the readers and viewers are. Today, that means publishing stories on Twitter, on YouTube, on Facebook, as podcasts on iTunes, and so on. In ten years’ time, those platforms might be different, but the principle will remain – journalists will have to take their stories to where the audience is.
Le modèle des médias fermés (contenu et diffusion propriétaire) a définitivement vécu. Encore une modèle économique transformé par la technologie et la globalisation des services.
Pour info, le teaser de Questions for Europe:
Alain Thys (Future lab): « Le modèle publicitaire est devenu inefficace. Les créatifs se regardent le nombril »
1 avril 2009
« Les marqueteurs n’écoutent plus les consommateurs. Ils diffusent des messages que personne n’écoute. Résultat les entreprises investissent en vain » déclare Alain Thys, cofondateur de Future Lab, une société de consultance en stratégie marketing, basée à Bruxelles, Moscou et Shanghai, notamment.
« Le marketing, de métier est devenu une industrie à fabriquer du visuel (publicité TV, affichages, etc.). Cette industrie n’est plus efficace. Les créatifs se regardent le nombril. Les envies des consommateurs ne sont plus au cœur de ces préoccupations » explique Alain Thys. « Les budgets en jeux et les liens entre les différents acteurs sont tel que beaucoup ont intérêt à garder un statu quo. Ce qui explique le peu de changement dans les pratiques du marketing » poursuit le consultant.
La crise du modèle publicitaire: annonceurs et clients mécontents
Le mode traditionnel de production publicitaire a atteint ses limites. Mais quelles sont les alternatives, alors ? Alain Thys livre quelques pistes pour développer un marketing efficace et innovant:
- Être à nouveau en prise avec le réel. Descendre dans la rue. Parler aux consommateurs. Arrêter de rester rivé sur les statistiques et des audiences brutes. En bref, promouvoir le dialogue avec ses clients. C’est entre autre ce que propose le « gourou » en marketing Linda Resnik.
- Parler aux consommateurs potentiels au bon moment, sans importuner les autres. Le spécialiste en marketing prend l’exemple de l’achat de sa voiture » au moment ou j’étais à la recherche d’une nouvelle voiture une pub de 20 minutes étais la bienvenue. Aujourd’hui je suis imperméable à toute publicité du secteur automobile »
- Ne pas être intrusif, ne pas s’imposer. Il faut proposer du contenu qui a de la valeur pour le consommateur. Que ce soit par un retour à l’origine du Soap opéra. Il s’agit à l’origine d’un show télévisuel créé pour vendre du savon (soap). Pas de coupure intempestive, juste un message d’introduction du style « Ce programme vous est offert par… ». La création de jeux en réalité alternée (altenate reality game), est également une piste à explore. Il s’agit d’une sorte de jeux de piste améliorés dans lequel il y a un mix entre la réalité virtuelle et le monde réel. Le placement de produit dans des films est encore une autre voie. Quand à savoir si de telles pratiques ne vont pas dénaturer les produits culturels Alain Thys a confiance, » Le consommateur aura toujours le dernier mot. Si des marques vont trop loin ou exagèrent, personne ne sera à l’écoute de leurs messages ».
Interview d’Alain Thys par Jean-Yves Huwart (Merci à l’Hôtel Marriot Bruxelles).
Bonus
Plusieurs de nos articles parlent de l’utilisation du blog en entreprise :
Six étapes pour apprendre le marketing à faible coût (2.0 )
Chez Microsoft, 1.500 employés tiennent un blog
Pourquoi les blogs sont de plus en plus utiles pour les entreprises
39% du Top 500 des gazelles américaines tiennent un blog
Pourquoi toute entreprise devrait commencer un blog
Alain Thys évoque dans cet extrait les avantages du blogging sur son business. « Ce n’est pas directement le blog qui va nous ramener des contrats. Mais il va nous permettre de rentrer plus facilement en relation, et d’assoir une crédibilité face à nos clients. » explique le marketeur. Ce blog comptabilise 10 000 visiteurs par jour et une trentaine de contributeurs.
Photo: Flickr Chansiuman24
Les tendances du web demain
4 septembre 2008



