L’ère des micro-multinationales a débuté (via LisbonCouncil)
30 octobre 2011
La curation ou comment se sortir de l’infobésité
17 mars 2011
Parmi les grands thèmes qui émaillent l’actualité du web depuis plusieurs mois, la curation est incontestablement l’un des plus populaires.
De quoi s’agit-il ? 
En gros, la curation consiste à chercher, sélectionner, reformater puis mettre en avant (à son compte) des informations pertinentes pour un ou plusieurs thèmes de prédilection.
La valeur ajoutée est dans le tri
Pour certains, la curation prend aujourd’hui le relais des moteurs de recherche sur internet. Quand la mécanique de ces derniers ne parvient pas à ramener une information de qualité suffisante par rapport à des requêtes particulières.
Et oui, l’ordinateur ne peut tout. L’être humain est encore nécessaire sur le web.
D’aucuns pourraient recruter des armées de petites mains sur d’autres continents pour effectuer des milliards de recherche manuellement. Certains, d’ailleurs, le font.
Alternative : compter sur l’oeil de ses pairs pour faire le tri. Après tout, dans un monde où l’information est devenue surabondante, où les entreprises sont guettées par l’infobésité, la valeur ajoutée se trouve finalement bien dans le travail de filtrage et de sélection.
Tel est le pari de la curation. Cette dernière repose sur deux étapes :
- Un travail de veille intensif qui alimente la réflexion stratégique d’une entreprise.
- Le produit de cette veille est reclassé, repackagée et ensuite rediffusé comme un produit d’information à part entière. Il peut de la sorte servir également les objectifs marketing d’une entreprise (selon les principes du content marketing).
Multiplication des outils de curation
La curation instaure une nouvelle philosophie de la communication pour les entreprises qui prend acte de la possibilité aujourd’hui d’utiliser les contenus de tiers pour servir sa propre stratégie.
Concrètement, les entreprises ne sont plus livrées à elles-mêmes pour se mettre à la curation. Un chapelet de nouveaux outils apparaissent sur le Net.
La semaine dernière, par exemple, la conférence South by South West (SXSW) Interactive (la plus grande conférence annuelle aux Etats-Unis consacrée à l’univers du web) consacrait l’un de ses ateliers à la curation. Etaient réunis à cette occasion, à Austin (Texas), les représentants de quelques uns de ces nouveaux outils : Trap.it, Keepstream, Mass Relevance, Scoop.it ou, surtout, Storify, fondée par l’entrepreneur belge Xavier Damman.
Storify vient de remporter le prix de la meilleure startup lors de cette même conférence SXSW.
Ainsi, l’outil Storify, comme d’autres, permet de très facilement isoler des informations spécifiques diffusées sur les réseaux sociaux, de sélectionner les plus intéressantes et de les assembler dans un fichier web ad hoc que l’on peut ensuite exporter sur son propre site internet (voir exemple ci-dessous, avec des informations reprises de Twitter lors de l’atelier Curation de SXSWW).
« Le coworking ne fabrique pas l’innovation, il la cultive organiquement »
10 janvier 2011
Huit options pour prospérer dans une économie post-2.0
7 décembre 2010
Vers des emplois et des entreprises sans routine
29 novembre 2010
Voici une bien intéressante étude publiée par le cabinet de recherche Gartner, relayée par le site internet GigaOm, sur les changements profonds que devrait vivre le monde du travail dans les dix années à venir.
Ces évolutions vont s’expliquer par les modifications des structures d’organisation dans les entreprises découlant des transformations du paysage économique.
L’imprévisibilité et la volatilité deviennent la norme

A la lecture de l’étude de Gartner, on comprend que l’un des glissements fondamentaux est dû à l’imprévisibilité grandissante des mouvements au sein de son environnement sectoriel/concurrentiel/administratif/technologique direct ou indirect.
Cette volatilité prend de nombreuses formes :
- des concurrents qui peuvent sortir de nulle part
- un procédé inventé dans un autre secteur que celui de l’entreprise mais dont on découvre une application possible immédiatement dans son domaine et qui révolutionne les pratiques du moment
- des modèles économiques historiques battus en brèche par les nouvelles formes d’utilisation des réseaux…
Tout ces glissements se produisent aujourd’hui dans les laps de temps beaucoup plus courts qu’hier. L’imprévisibilité devient la norme dans le fonctionnement de l’organisation.
Dès lors, il convient, d’une part, de doter les organisations des sismographes qui les rendront capables de déceler l’origine et la direction de ces mouvements permanents. D’autre part, les entreprises devront mettre en place des organisations suffisamment agiles pour apporter les réponses adéquates, dans le minimum de temps et avec l’amplitude nécessaire.
La créativité et le capital relationnel, les atouts principaux de l’employé de demain
L’emploi au sein même de l’entreprise nécessite de s’adapter à ces nouveaux enjeux et ces nouvelles configurations.
La créativité individuelle, l’esprit d’initiative ainsi que le capital relationnel et social des personnes seront, dans l’avenir, les qualités les plus prisées et les plus valorisées par les départements de ressources humaines (RH), laisse entendre Gartner.
Nulle surprise, donc, à ce que Tom Austin, vice-président du cabinet de conseil, pronostique une diminution accélérée de la proportion de tâches routinières au sein de l’entreprise.
« La volatilité des activités, l’hyperconnectivité, font que les tâches répétitives et standardisées seront moins fréquentes dans l’entreprise, souligne Tom Austin dans le communiqué de Gartner. D’ici 2015, le travail non-routinier représentera plus de 40% du travail total effectué dans une organisation, contre 25% aujourd’hui. »
« Les gens papillonnent davantage et travaillent moins isolément, ajoute-t-il. Ils travailleront davantage avec des individus et des équipes indépendantes de l’organisation qui les emploient. Les bonds technologiques, enfin, influenceront également l’avenir du travail. Les transferts de données frôlant le Yottabytes par seconde et la sophistication des systèmes de visualisation de données rendront nécessaire le développement de compétences nouvelles. »
Quelques caractéristiques majeures des profils de travailleurs et des modes de travail dans l’entreprise de demain
Ci-dessous, voici quelques prévisions liées à l’évolution de l’emploi et des approches RH identifiées par l’étude de Gartner.Ces prévisions touchent à la fois aux qualités importantes que devront présenter les employés de demain. Mais il s’attarde aussi sur les formes d’organisation et d’exécution des tâches, dans l’avenir. Avec des retombées, là aussi, sur les aptitudes et les compétences requises chez les employés…
Voici cette liste particulièrement intéressante :
1. La valeur ajoutée sera dans les tâches créatives
La valeur ajoutée d’une salarié résidera encore moins qu’hier dans le fait de participer à des processus rigides. Les qualités analytiques et les capacités d’interaction sont déterminantes. Le résultat de ces contributions se traduira dans des mots tels que découverte, innovation, équipe, vente, apprentissage….
2. L’essaimage du travail
Selon Gartner, le travail s’effectuera de plus en plus souvent dans le cadre d’équipes qui se constitueront facilement et se déferont en fonction des projets à mener. Les récompenses seront octroyées à l’équipe. Ces projets s’essaimeront au gré des besoins et des événements inattendus.
3. Etre capable d’identifier des liens faibles
Dans le cadre de ce travail d’équipe, les individus n’ont pas besoin de se connaître au départ très bien. Les liens faibles (weak links) suffisent. Avoir connaissance, chez quelqu’un, d’une expérience, d’un intérêt pour une discipline, un thème… augmentera les opportunités de proposer à il/elle de collaborer ponctuellement. Dans ce contexte, avoir la possibilité de naviguer sur les réseaux sociaux professionnels des uns et des autres s’avèrera un élément de plus en plus important pour déceler ces liens faibles.
4. Etre en mesure de collaborer avec les groupes extérieurs à l’organiation
Tout ne se passe pas au sein d’une organisation. Agir sur l’extérieur compte tout autant. D’après l’étude de Gartner, les responsables d’entreprise accepteront, plus qu’hier, de vivre dans des écosystèmes économiques sur lequel ils n’ont pas un contrôle total. En revanche, ils verront comment l’influencer.
5. Faire confiance aux cadres informels
Les tâches non-routinière seront aussi, souvent, exercée dans un cadre informel. Pas besoin de codes, de procédures trop strictes ou de système d’autorisation contraignants pour interagir avec l’un ou l’autre. Quid de la coordination et du système de décision, alors ? Les schémas de travail ad hoc, permettant de maintenir un pouvoir d’action et de décision malgré l’apparition de ces environnements de travail informels, émergeront au fur et à mesure de la pratique, estime Gartner.
6. Les actions spontanées
Ne pas attendre des semaines avant de réagir à un changement dans l’équilibre de son environnement économique direct. Les travailleurs de demain devront disposer de plus de marge de manoeuvre pour saisir spontanément les nouvelles opportunités quand elles se présentent et agir d’eux-mêmes, d’initiative, en conséquence.
7. Travailler dans des lieux de travail différents
Mon bureau est de moins en moins l’immeuble de mon employeur mais l’endroit où je me trouve. Le nomadisme ne fera pas peur aux salariés de demain. Certains employés n’attendront même pas que l’entreprise leur fournisse un bureau.
8. Travailler dans des groupes chargés de détecter les futures innovations de rupture
Compte tenu de la volatilité grandissante de l’environnement économique, les entreprises n’hésiteront plus à mettre sur pied régulièrement des groupes en leur sein dédiés à l’exploration de nouvelles tendances ou de futures innovations de rupture. Ils seront chargés de les détecter, de les évaluer, de concocter d’éventuels scénarios et de suggérer des nouvelles voies pour pour permettre à l’entreprise d’exploiter ces nouvelles opportunités. De nouveaux métiers sont déjà en train de naître, dans ce domaine.
Comment Xerox pratique l’innovation ouverte
25 novembre 2010
L’innovation, nous nous en rendons compte chaque jour, n’est plus un processus limité au laboratoire du deuxième étage des grandes entreprises.
L’innovation s’ouvre.
Les multinationales s’insèrent de plus en plus souvent dans des réseaux d’innovation. Ces derniers incluent des centres de recherche indépendants, des PME, des startups, aux côtés des quelques grands acteurs industriels. 
L’innovation passe également, désormais, par des plates-formes ouvertes en ligne, sur lesquels des opérateurs soumettent des proposition et leurs inputs.
Le fabricant de matériel bureautique et informatique Xerox, par exemple, une entreprise pesant 22 milliards de dollars US de chiffre d’affaires, s’inscrit très nettement dans ces démarches d’innovation ouvertes.
Lors d’une récente conférence sur l’Innovation à Grenoble, Monica Beltrami, la vice-présidente du centre de recherche européen de Xerox, a exposé la vision de son entreprise en matière d’innovation ouverte.
La voici exposée en cinq points relayés, au départ, par le site Open your innovation :
1. Intégrer l’innovation ouverte dans toute la stratégie de l’entreprise
C’est l’aspect le plus important. Monica Beltrami semble diviser cet élément en trois sous-points :
- Afin de réduire le coûts, Xerox sous-traite de plus en plus auprès de ses fournisseurs l’innovation relatives à l’amélioration de produits existants, autrement dit l’innovation incrémentale.
- La firme passe par des « courtiers en technologie« .
- La coopétition. Xerox travaille avec certaines multinationales concurrentes dans le développement de plates-formes techniques communes (par exemple, avec le groupe japonais Fuji, dans Fuji xerox). Dans les phases précompétitives, Xerox n’hésite pas non plus à former des consortiums avec d’autres industriels
- La firme américaine s’insère dans des réseaux européens de recherche et des projets gouvernementaux pour sonder et explorer de nouveaux champs de recherche.
2. Trouver parfois l’inspiration et les opportunités dans les plates-formes ouvertes en ligne
Le groupe Xerox puise certaines de ses idées d’innovation dans des places de marché d’innovation telles que Ninesigma ou Innocentive.
3. Associer les clients et les utilisateurs aux démarches d’innovation
A priori, ce devrait être une évidence. Cela ne l’est pas toujours. La culture de l’entreprise doit s’ouvrir. Là également, de nouveaux outils et principes permettent, selon Xerox, d’évoluer vers plus de co-innovation avec le marché.
4. Etendre massivement son réseau et renforcer les liens avec les acteurs extérieurs
Le fait d’étendre son réseau vers l’extérieur est doublement stratégique. Il permet, d’une part, de trouver des partenaires pour valoriser et externaliser les technologies qui n’entrent pas dans le core business de l’entreprise et, d’autre part, d’importer des idées et des ressources venant d’autres disciplines et univers dans le développement de technologies et d’applications radicalement neuves voire insolites.
5. Gérer la propriété intellectuelle de façon souple, efficace et performante
Les accords relatifs à l’utilisation et au partage de revenus des droits de propriété intellectuelle sont deux fois plus longs à négocier qu’il y a dix an. Tout est devenu plus complexe, explique-t-on. En Europe, les différences juridiques entre pays, note Monica Beltrami, demeurent un important écueil. Etre préparé et bénéficier d’un accompagnement ad hoc en la matière est donc absolument stratégique pour tout organisation.
Les entreprises à succès de demain seront celles qui auront réussi à gérer de façon agile ces nouvelles approches ouvertes en matière d’innovation, disait à Grenoble, selon « Open you Innovation », la vice-présidente de Xerox.
Pour les grandes entreprises, donc, rappelons, à en croire Xerox, la croissance passe par plus d’ouverture.
Quant aux PME et startups européennes, s’ouvrent pour elles, grâce à l‘innovation ouverte, des opportunités gigantesques.
Pourquoi renvoyer vers l’information de vos concurrents peut parfois rapporter gros ?
17 novembre 2010
S’il est une chose que les écoles de commerce se gardent bien d’enseigner à leurs étudiants futurs cadres d’entreprise, c’est de renvoyer leurs clients à la concurrence s’ils souhaitent des informations complémentaires.
Quel idiot ferait cela ? 
Le portail internet Yahoo, à ses débuts, a pourtant été l’un de ces idiots.
Aujourd’hui, la firme ne s’en mord par les doigts. Au contraire, rappelle Ellie Mirman. C’est peut-être bien cette tactique qui, avec d’autres, a permis a l’entreprise californienne de s’envoler, voici plus d’une décennie, vers le firmament du web.
Offrir la meilleure information à ses utilisateurs est le plus important, même si elle vient des concurrents
Certes, à l’époque, les outils de recherche en ligne n’étaient pas aussi performants qu’aujourd’hui.
Il n’empêche. A ses débuts, quand le moteur de recherche déroulait à l’écran une liste de résultats en réponse au mot-clé tapé dans l’interface par l’internaute, Yahoo ne se contentait d’afficher sa propre collecte. En bas de la page, Yahoo ajoutait un lien vers les résultats affichés par ses principaux concurrents (Excite, Ask, etc.) pour la même recherche en ligne…
Pour la société internet, cette approche permettait de gagner sur les deux tableaux. Ainsi…
- si la concurrence délivrait des résultats plus riches et pertinents, tant mieux pour l’utilisateur de Yahoo, qui pouvait bénéficier de ces meilleures informations
- en revanche, si la concurrence affichait des résultats de moins bonne qualité, la comparaison profitait à Yahoo, qui augmentait de la sorte la perception que son service était de meilleure qualité…
Le pouvoir de la transparence
« En incluant dans son service l’accès aux résultats procurés par les moteurs concurrents, les responsables de Yahoo ont pu profiler l’entreprise comme une organisation tournée en premier lieu vers la satisfaction de l’utilisateur, explique Ellie Mirman. Mieux que cela, le portail internet s’est présenté de la sorte auprès des internautes comme LE site internet à fréquenter pour obtenir les informations les plus complètes lors d’une recherche sur le web ».
On entend les sceptiques : « Cet exemple valait pour une société internet reconnue, dans un domaine dont le produit est justement la pertinence de l’information. Qu’est-ce qu’entreprise traditionnelle à à gagner de mettre en avant l’information publiée par ses concurrents ? »
La réponse est simple : devenir la principale source d’information pour les tiers au sujet d’une industrie particulière.
A l’heure où la qualité des contenus devient de plus en plus importante pour les responsables marketing, gagner la bataille de l’information est devenu plus stratégique que jamais.
Devenir une référence dans son champ d’activité
L’exemple des premières heures de Yahoo peut donc inspirer les responsables de certaines entreprises et directeurs marketing.
Joel Norton, un spécialiste du marketing pour les PME, a fait le tri entre les avantages et les inconvénients du fait de relayer les informations (commerciales, techniques, articles, réflexions,…) émises par les concurrents. Les voici :
Les contre :
- Il y a un risque de faire indirectement la publicité de son concurrent, et donc de perdre des parts de marché
- Le profil de votre entreprise peut se brouiller
- La démarche encourage la comparaison des offres et des prix
- Si l’information à laquelle vous renvoyez venant du concurrent est erronée, elle entachera par écho votre propre réputation
Les pour :
- Votre entreprise devient un portail d’information pertinentes et dignes de confiance dans votre secteur d’activité
- En conséquence, le trafic vers votre site internet s’accroît, avec des répercussions positives sur vos ventes
- La « coopétition » ou la collaboration avec vos concurrentes se trouve facilitée. Vous pouvez développer ensemble une nouvelle catégorie de produit ou de service. Cela rejaillera également positivement sur votre position d’innovateur et donc, in fine, sur votre chiffre d’affaires…
On le voit, il n’y a pas de réponse noire ou blanche à la question.
Le nombre des avantages mérite néanmoins d’envisager l’éventualité. Une entreprise sûre de son positionnement et de la qualité de ses produits devrait pouvoir mener une démarche de cet ordre sans crainte. Encore une fois, à l’instar de Yahoo! à ses débuts, relayer de façon oecuménique les informations les plus pertinentes, quelles que soient leur source, donc y compris de la concurrence, peut vous façonner une réputation de pivot dans votre industrie.










