Cinq grandes percées qui devraient affecter le fonctionnement des entreprises dans 10 ans

17 octobre 2012

Un peu de prospective :

Quelles son les principales tendances qui vont marquer l’évolution de la vie des entreprises dans les années qui viennent ?

Thomas Frey, un futurologue américain, s’est prêté, comme d’autres à l’exercice. Le blog Smart Company a reprise quelques unes des plus saillantes de ses prédictions. 

Si certaines sont prévisibles, d’autres montrent que le terrain se prépare dès aujourd’hui. Florilège de quelques unes de ces tendances émergentes marquantes :

1. Ne dites plus « quel est mon emploi », mais « quel est mon projet »

Dans les pays industrialisés, il n’est plus rare, aujourd’hui, que les personnes de plus de trente ans aient déjà exercé une dizaine d’emplois différents.

Mais d’ici une dizaine d’années, selon Frey, il est possible que nous ne parlions plus de l’emploi que nous exerçons mais du projet sur lequel nous sommes actifs. En 2022, un trentenaire pourra déjà avoir cumulé près de 200 projets différents

L’économie moderne évolue vers un modèle basé sur la mise sur pied de projets. Le lien contractuel avec un employeur spécifique, même sur une courte période, perdra encore de sa pertinence.

Internet permetra d’aligner en temps réel les besoins des entreprises avec l’offre de talents individuels spécifiques. Plutôt que d’engager un employé à plein temps, il sera beaucoup plus aisé de le mobiliser sur des projets spécifiques, qu’ils soient de deux heures, deux jours, deux semaines, par exemple. De leur côté, les employés constitueront par eux-mêmes des pools de compétences disponibles pour intervenir sur les projets.

Cette évolution est déjà facilitée aujourd’hui par la volonté d’une part croissante de la nouvelle génération de s’éloigner du modèle professionnel vécu par ses parents : carrière de longue durée dans la même entreprise et la difficulté de se remettre en route quand un licenciement survient.

2. Des colonies d’entreprises

Dans dix ans, nous parlerons moins d’un lieu de travail centralisé. Pour Thomas Frey, nous pourrions assister à l’émergence de « colonies d’entreprises« .

Pour le futurologue, ces colonies seront une évolution des espaces de Coworking que nous connaissons aujourd’hui.

Elles permettront aux entreprises classiques d’adopter le mode de fonctionnement de l’industrie du cinéma, par exemple, avec des actions et des équipes constituées ponctuellement.

Certaines de ces colonies d’entreprises et/ou de professionnels seront parfois virtuelles. D’autres seront centrées sur une discipline précise, telle que les nanotechnologie, l’agro-alimentaire ou le développement de jeux vidéo.

Les grandes entreprises placeront des project managers dans ces colonies.

3. L’essor et l’impact des imprimantes 3D

Les imprimantes tridimensionnelles (3D) se multiplient partout. A l’avenir, il devrait être possible de fabriquer n’importe quel objet dans une infinité de matériaux possibles, estime Thomas Frey.

Les vêtements ou les chaussures, par exemple, pourront être manufacturés à l’unité, à partir de plans sous format digital.

« Imaginez que vous entriez dans un magasin de vêtements. Vous avancez jusqu’à l’appareil qui scanne votre corps puis vous attendez qu’une imprimante vous fabrique le vêtement choisi sur mesure…, illustre Thomas Frey. Vous pourrez aussi scanner vos pieds, avant de faire fabriquer sur place votre paire de chaussures ».

Il est possible d’envisager la même chose, à terme, en médecine, avec des tissus humains (peau, os…), des aliments ou des médicaments… Bref, dans toute l’industrie.

4. La voiture sans chauffeur

Google a déjà diffusé plusieurs exemples de son prototype de voiture sans chauffeur. La firme californienne espère ainsi pouvoir développer, à termes, le système opérationnel qui gèrera les voitures sans chauffeur du futur.

Google n’est toutefois pas la seule active sur ce terrain. De grandes percées sont à attendre dans les années qui viennent chez les constructeurs automobiles traditionnels. Le groupe Mercedes, par exemple, est l’auteur de plusieurs initiatives dans ce sens.

Ces nouveaux véhicules et la technologie qu’ils incorporent auront un gros impact sur des centaines de métiers différents nécessitant occasionnellement ou de façon permanentes l’utilisation d’un véhicule.

Sans compter le gain de productivité dû au temps d’attention regagner sur les temps de trajets.

5. L’enseignement sans professeur

Il s’agit bien sûr d’une rupture majeure par rapport au modèle historique d’éducation. Mais à l’heure où des étudiants du monde entier peuvent, à distance, assister au cours d’une professeur d’université à l’autre bout de la planète, cette évolution n’est que naturelle.

Nous entrons dans une ère d’apprentissage et de ré-apprentissage permanent. Le besoin est tellement grand pour tout le monde que le nombre d’enseignants risque, à un moment d’être trop limité, pour répondre à l’immense demande de formation des jeunes et… des seniors. Dans le monde, dit Frey, il manquerait aujourd’hui déjà près de 8 millions d’enseignants.

L’enseignement digital sans professeur pourrait donc s’avérer, à terme, une nécessité, y compris pour les formateurs professionnels dans les entreprises.

Le marketing à travers l’Histoire – Des crieurs publics à la vidéo sur téléphone mobile

22 février 2012

Le marketing est né voici plusieurs siècles.

D’abord à la criée, puis dans les premiers magazines du 18ème siècle, il est passé à la digitalisation, au mobile et à la géolocalisation.

Et l’évolution n’est pas terminée, poussée par les améliorations technologiques permanentes et l’évolution des moeurs.

Voici une infographie du marketing à travers l’Histoire (par Hubspot).

 

 

The « care economy » : comment l’avenir de la technologie dépend de services personnalisés

5 septembre 2011

La transformation du monde du commerce

21 mars 2011

Comment les transferts technologiques permettent à la Chine de construire son propre avion civil long courrier

22 février 2011

Vers une nouvelle génération de clusters d’entreprise ouverts, associant réseaux sociaux, open innovation et coworking ?

31 décembre 2010

Depuis près d’un quart de siècle, les décideurs politiques des pays occidentaux et d’Asie rêvent de reproduire, à leur échelon, l’alchimie précieuse qui a permis à la Silicon Valley de devenir l’espace le plus innovant et prospère du globe.

Le théoricien le plus éminent de l’approche, basée sur les clusters (grappes) d’entreprises, s’appelle Michael Porter, l’un des figures de proue de la Harvard Business School depuis près de trente ans.

Selon la définition de Porter :

« Un cluster d’entreprises est une concentration géographique d’opérateurs économiques interconnectées, de fournisseurs et d’acteurs institutionnels dans un domaine particulier ».

On le sait aujourd’hui, dans l’économie de la connaissance, l’attractivité d’un territoire ou d’une industrie ne réside plus dans la proximité de ressources naturelles ou d’une seule et unique usine de production.

C’est bien la présence en un même lieu d’une constellation d’acteurs – entreprises, centres de recherche, centre de distribution, financiers, etc. – actifs dans une discipline particulière (sciences du vivant, chimie, industrie du bois, technologies mobiles, etc.) qui procure à un bassin économique les ressources intellectuelles et matérielles qui seront nécessaires pour soutenir le développement d’une entreprise.

Telle est l’idée que théorisa, alors, Michael Porter.

Des dizaines de clusters créés à travers le monde

Solar Valley, Thalheim

Depuis un peu moins de deux décennies, donc, les Etats et les régions s’emploient à encourager le développement de clusters sectoriels.

Des dizaines de clusters ont éclos et se sont aujourd’hui structurés. Le paysage des clusters s’est petit à petit étoffé. Exemples : le cluster de la nano-électronique en Grèce ; la Solar Valley à Thalheim, en Allemagne; les pôles de compétitivité en Wallonie ou en France; le cluster des CleanTech à San Diego, en Californie; etc.

Les clusters se mettent désormais en relation les uns avec les autres. En Europe, un observatoire européen des clusters a vu le jour.

Désormais, on parle même de méga-clusters. Le Royaume-Uni tout entier, par exemple, entend devenir un méga-cluster dans le secteur des biotechnologies. Il faut dire que l’industrie biotech britannique représente, à elle seule, 20% du portefeuille des produits biotech européen…

Des centaines de milliers d’emplois en Europe ont sans doute déjà vu le jour grâce au développement d’entreprises, grandes ou petites, portées entre autres par la dynamique des clusters. Et un consensus existe pour prédire que les clusters continueront à jouer un rôle majeur dans le développement économique des années à venir.

Trop repliés sur leur discipline ? Danger pour les clusters trop homogènes…

Néanmoins, à l’heure de l’économie de la créativité, le schéma spécialisé adopté par les clusters modernes pèche peut-être par son trop grand repli trop sectoriel et géographique

C’est ce qu’évoque Gunjan Bhardwaj, professeur de management de la croissance et de l’innovation à  la European Business School (EBS), dans un récent article publié sur le site  Innovation Management :

« La globalisation et la technologie rendent aujourd’hui la concentration en un espace moins pertinente. Les décideurs politiques devraient, dès lors, revoir certaines priorités afin d’accroître les bénéfices potentiels pour leur région ou leur pays de s’inscrire dans des réseaux plus ouverts. Ils offriront ainsi à leurs entreprises un cadre différent pour  leur permettre de générer des innovations plus radicales et créatives.« 

Nécessité de s’ouvrir : l’innovation de rupture se produit à la périphérie

L’innovation radicale (ou de rupture), opposée à l’innovation incrémentale, est devenue un facteur décisif de croissance pour les économies modernes.

L’innovation incrémentale est faite de petites améliorations successives à un produit ou un service. Beaucoup d’entreprises s’en contentent. Toutefois, l’innovation incrémentale  ne suffit plus, aujourd’hui, à assurer un avantage compétitif durable. En 2011, l’information circule à la vitesse de la lumière sur les réseaux digitaux et les produits ou services peuvent être répliqués rapidement, si l’innovation n’est que marginale.

Pour créer de véritables percées, source de création de valeur et d’emplois, l’innovation de rupture est indispensable.

L’innovation de rupture ne pénètre toutefois les organisations que, le plus souvent, par la périphérie (cfr Jef Staes).

Or, rappelle Gurdan Bhardwaj, l’une des caractéristiques de clusters traditionnels vient de la confiance qui se noue progressivement entre les participants du noyau dur. Cette confiance se bâtit lentement. Une fois en place, elle huile les rapports et permet d’accélérer fortement les collaborations. A mesure que les projets s’enchaînent, les acteurs du clusters convergent toutefois dans leurs façons de voir. Ils s’installent dans une communauté soudée qui ne laisse plus nécessairement beaucoup de place aux inputs extérieurs et insolites. C’est alors qu’apparaît le risque  de voir la dynamique d’innovation de rupture se tarir au sein du cluster en raison d’une trop grande homogénéité sectorielle et géographique…

Il faut donc voir plus loin et s’ouvrir !

L’open innovation, les réseaux sociaux, le coworking entre entreprises…

Plusieurs options se présentent aujourd’hui pour les entreprises, les universités, les pouvoirs publics ou les clusters afin de leur permettre de s’ouvrir davantage à des environnements extérieurs.

Citons l’open innovation, les réseaux sociaux et le coworking entre entreprises…

1. L’essor de l’open innovation est désormais acquis. Depuis plusieurs années, les structures dans l’aéronautique, l’automobile ou les sciences du vivant ouvrent leurs laboratoires et leurs projets à des tiers pour joindre leurs efforts et leurs ressources. Il faut renforcer ces collaborations.

2. Internet ouvre des perspectives gigantesques de mise en relations avec des communautés de pairs, à l’autre bout du monde, mais aussi avec des communautés étrangères au coeur de métier, dans une logique de recherche d’innovations de rupture.

Les réseaux sociaux ont apporté une révolution dans l’échange d’information et le développement de nouveaux tissus relationnels entre individus ainsi qu’entre organisations. LinkedIn, des blogs, des forums en ligne, Twitter, Youtube et d’autres… sont de nouveaux espaces de discussion entre scientifiques et/ou innovateurs de tous ordre. Les réseaux sociaux amplifient, à ce titre, les possibilités de s’inscrire dans des démarches d’open innovation. Sans compter les plates-formes en ligne spécifiquement dédiées à l’innovation, telle que OpenInvo, un dernier exemple en date.

3. Enfin,  une nouvelle approche se fait jour au niveau local pour mêler open innovation, collaboration, mise en réseau et quête de diversité : la création de hubs thématiques, locaux, que partagent délibérément des entreprises issues de secteur différents. Une forme de coworking inter-entreprises.

Un exemple : GRid70, une initiative lancée à Grand Rapids, dans le Michigan.

A Grand Rapids, une trentaine de responsables d’entreprises de la région ont décidé de l’ouverture d’un espace commun dans lequel elles ont déménagés une petite partie de leur personnel, essentiellement des équipes de designers et de créatifs. Quatre entreprises (Steelcase, Wolverine, Meijer, Alticor) participent. Leurs profils respectifs sont très différents, ce qui enrichit la diversité du lieu et donc les idées qui peuvent en sortir. Steelcase est un fabricant de mobilier de bureau. Wolverine chapeaute notamment la marque de chaussures HushPuppies. Meijer est une chaîne de grande-distribution. Alticor, enfin, est actif dans la distribution et les services aux industries.

Les occupants de GRid70 devraient pouvoir se mouvoir dans le bâtiment en fonction des opportunités, des projets ou de leurs besoins et envie. Ils pourront échanger aisément (voir la vidéo ci-dessous).

« Cette initiative va nous permettre de créer des effets de pollinisation croisée  qui n’auraient pu survenir dans d’autres cas de figure », se réjouit Blake Krueger, le CEO de Wolverine.

L’exemple de GRid70 illustre-t-il une évolution possible pour les clusters spécialisés, qui pourraient ainsi se mélanger avec d’autres ?

Très certainement.

A suivre en 2011.

NB:

Les idées développées dans ce billet l’ont été par le think tank Entreprise Globale au cours de l’année 2010, notamment dans les livres « Wallonie 2.0″, « Utiliser internet pour vendre à l’étranger » ainsi que lors de l’organisation de la conférence internationale Coworking Europe 2010, les 19-20 novembre 2010.

Les incubateurs d’entreprise n’ont jamais été aussi nombreux

13 septembre 2010

Réunir les forces des entrepreneurs et experts individuels dans un brassin d’innovation. L’essor des incubateurs remonte au début 1980. Il n’a jamais faibli depuis. Les incubateurs d’entreprises n’ont jamais été aussi nombreux !

1.200 incubateurs d’entreprise aux Etats-Unis, hébergeant 41.000 startups…

En Europe, le réseau EBN (European Business and Innovation Center), par exemple, tisse un lien entre les incubateurs d’entreprise. Aux Etats-Unis, la National Business Incubation Association (NBIA), elle, recense aujourd’hui plus de  1.200 incubateurs d’entreprises, outre-Atlantique.

Rien qu’aux Etats-Unis, les incubateurs hébergent un total impressionnant de près de 41.000 startups, selon un article de Business Week.

Les incubateurs sont devenus de véritables instruments de développement économique. Ainsi, l’argent public investi depuis trente ans dans les incubateurs d’entreprises assurerait un retour sur investissement, en termes de création d’emplois nouveaux, plus importants que des investissements en infrastructures, telle que la construction de routes, selon le ministère américain du commerce.

Précisons que 80% des incubateurs US se spécialisent sur un ou deux secteurs d’activité, maximum, selon une consultante citée par Business Week.

Un taux de survie presque deux fois plus important

La fièvre des incubateurs n’est donc sans pas prête de retomber. Ces couveuses accompagnent les neo-entrepreneurs dans les étapes de leur développement.

Ainsi, certaines statistiques montreraient que le taux de survie, après cinq ans, des startups couvées dans les incubateurs serait double de celui des nouvelles entreprises lancées hors de ceux-ci (87% contre 44%). D’autres études, cela dit, nuancent ces chiffres.

Parallèlement, le développement du coworking

Quoi qu’il en soit, la nouvelle génération d’incubation d’entreprises s’annonce, avec l’explosion, aujourd’hui, des espaces de coworking dans le monde.

Le coworking est une autre forme d’incubation, plus horizontale, basée davantage sur la création bottom-up d’écosystèmes d’entrepreneurs.

Nous reparlons très bientôt du Coworking, ici, dans le cadre d’un événement européen sur le coworking que Entreprise Globale prépare conjointement avec The Hub Brussels.

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